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26/04/2015 10:29 EDT | Actualisé 26/06/2015 01:12 EDT

Yémen: un nouvel émissaire de l'ONU pour tenter de relancer le dialogue

Le nouvel émissaire de l'ONU va tenter de relancer le dialogue en vue d'un règlement politique au Yémen, au point mort un mois après le début des bombardements de la coalition menée par l'Arabie saoudite.

La mission du diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, qui succède à Jamal Benomar, s'annonce très difficile avec la poursuite sur le terrain des combats et des raids aériens de la coalition.

Les rebelles chiites exigent un arrêt de l'opération militaire de la coalition pour pouvoir revenir à la table des négociations, interrompues avec le lancement le 26 mars des raids aériens.

"Le dialogue ne peut reprendre qu'après un arrêt de l'agression extérieure", a répété dimanche Mohamed al-Boukhaïti, membre du Conseil politique d'Ansarallah, le mouvement de la rébellion.

Interrogé par l'AFP, il a ajouté que "le dialogue devrait reprendre au point où il s'était arrêté", sous les auspices de M. Benomar, qui a démissionné à la suite, selon des diplomates, de vives critiques des pays du Golfe contre sa médiation infructueuse.

L'ONU a précisé samedi que le nouveau médiateur travaillerait "en étroite liaison avec les membres du Conseil, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les gouvernements de la région et d'autres partenaires".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait déclaré mercredi que l'ONU était prête à "fournir les facilités diplomatiques nécessaires pour résoudre cette crise par le dialogue".

M. Ould Cheikh Ahmed, 55 ans, a été choisi pour sa longue expérience diplomatique, notamment dans les pays en crise du Moyen-Orient. Il dirige actuellement la Mission de l'ONU pour la lutte contre Ebola après avoir servi l'ONU pendant 28 ans à différents postes, notamment comme coordinateur humanitaire en Syrie (2008-2012) et au Yémen (2012-2014) puis adjoint au chef de la mission de l'ONU en Libye.

Sa nomination a été notamment saluée dimanche par l'Union européenne, qui a déclaré être "prête à le soutenir immédiatement dans ses efforts".

- Des morts par dizaines -

Malgré l'annonce mardi par Ryad de la fin de la phase intensive de son opération aérienne "Tempête décisive", la coalition a poursuivi ses raids sur des positions des rebelles et de leurs alliés.

En fin d'après-midi, des raids aériens ont pris pour cible des positions rebelles à Aden, ont indiqué des habitants.

Les combats se poursuivaient dans la ville où les partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi ont affirmé avoir avoir abattu trois rebelles Houthis.

Plus tôt, quatre nouveaux raids ont été menés contre le palais présidentiel à Sanaa et une colline proche pour empêcher l'envoi par les rebelles de renforts militaires dans la province de Mareb, à l'est de Sanaa, a indiqué à l'AFP une source militaire.

Dans cette province, de violents combats se déroulaient dans la région de Sirwah où des tribus sunnites ont convoyé dans la matinée des renforts pour faire barrage aux miliciens chiites, qui tentent d'avancer dans la province de Mareb, riche en pétrole et en gaz naturel, selon des sources tribales.

Ces sources ont fait état de la mort en 24 heures à Sirwah de 90 rebelles et alliés et de 8 parmi les partisans du président Hadi, un bilan qui n'a pu être vérifié de source indépendante.

En outre, des affrontements aux armes de différents calibres se sont intensifiés dimanche à Taëz (sud-ouest) après que les rebelles ont reçu des renforts en provenance d'Al-Makha, sur la mer Rouge, ont indiqué des responsables locaux, faisant état de victimes parmi les civils.

Dans l'après-midi, les tirs des rebelles ont touché un hôpital public de Taëz, notamment l'unité des soins intensifs, ont indiqué à l'AFP des employés de l'établissement.

Un responsable de la province a affirmé quant à lui que 13 civils avaient été tués par les tirs.

A Dhaleh, plus à l'est, des avions de la coalition ont dû parachuter dimanche des médicaments et des équipements médicaux après que les rebelles ont empêché un convoi d'organisations humanitaires d'y entrer, selon des responsables locaux.

Plus de 1.000 personnes, dont une moitié de civils, ont été tuées au Yémen entre le 19 mars et le 20 avril, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). D'après l'ONU, au moins 115 enfants sont morts dans les hostilités. Amnesty International a demandé l'ouverture d'une enquête sur la mort de civils dans des raids aériens.

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