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26/04/2015 09:13 EDT | Actualisé 26/06/2015 01:12 EDT

Les Kazakhs votent, Nazarbaïev en lice pour un 5e mandat

Les Kazakhs votaient dimanche, lors d'une élection présidentielle anticipée convoquée sur fond de graves difficultés économiques que le dirigeant sortant Noursoultan Nazarbaïev est quasi assuré de remporter pour la cinquième fois.

Vers 10H00 GMT, environ 82% des 9,5 millions d'électeurs avaient voté dans plus de 9.000 bureaux de votes à travers le pays, selon la Commission électorale centrale kazakhe.

Ouverts à 01h00 GMT, les bureaux de vote doivent fermer à 14h00 GMT, et les premiers résultats préliminaires sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi.

"Je suis sûr que les Kazakhs choisiront la politique de stabilité, de développement (...) et d'harmonie dans notre pays", a déclaré M. Nazarbaïev, 74 ans dont 24 ans à la tête du Kazakhstan, dans une adresse à la nation diffusée à la veille de l'élection.

Il a appelé ses concitoyens à participer massivement à ce scrutin, qui est surveillé par plus de 1.000 observateurs internationaux, pour prouver ainsi "de manière convaincante" leur "unité" devant le monde entier.

Elu président pour la première fois en 1991 - il était alors le seul candidat -, Noursoultan Nazarbaïev a depuis été réélu en 1999, 2005 et 2011, chaque fois avec des scores spectaculaires dépassant les 80% des voix. Ces élections n'ont cependant jamais été reconnues comme ayant été libres et justes par les observateurs internationaux.

Cette fois non plus, "ce n'est pas une élection, c'est une réélection", résume à l'AFP l'analyste Dosym Satpaïev, directeur du Groupe kazakh d'évaluation des risques, dont le siège est à Almaty.

S'il est réélu pour un nouveau mandat de cinq ans, il sera en passe de réaliser un règne de près de 30 ans à la tête du Kazakhstan.

L'opposition réelle n'a présenté aucune candidature pour ce scrutin sans suspense dans lequel M. Nazarbaïev fait face à deux autres candidats largement considérés comme étant ses partisans.

L'un des rivaux du président sortant à l'élection de dimanche sera le candidat du Parti communiste, Tourgoun Syzdykov, 68 ans. Cet ancien fonctionnaire de province s'est notamment distingué par ses propos contre la mondialisation visant aussi bien Hollywood que les hamburgers et les jeux vidéo.

Le troisième candidat, indépendant, est Abelgazy Koussaïnov, 63 ans, dont la campagne électorale se concentre surtout sur les questions liées à l'environnement. Après avoir occupé plusieurs postes ministériels, il dirige actuellement la Fédération nationale des syndicats.

"Dans l'ensemble, un accès équitable aux médias a été fourni à tous les candidats, et les électeurs ont pu avoir des informations complètes, fiables et objectives sur eux", a assuré la Commission électorale centrale kazakhe.

Pour sa part, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a dénoncé l'abondance de "panneaux et affiches" publicitaires pour M. Nazarbaïev.

Dans le même temps, l'OSCE a souligné ne "presque pas avoir remarqué" dans les rues de "matériel de la campagne électorale des deux autres candidats".

- 'Je ne connais pas les autres candidats'-

M. Nazarbaïev a convoqué une élection présidentielle anticipée fin février en raison de "difficultés" économiques, alors que le Kazakhstan, allié de Moscou au sein d'une zone de libre-échange, subit de plein fouet la crise économique en Russie et la chute des cours du pétrole.

Porteur depuis 2010 du titre de chef de la Nation, un statut qui lui confère à vie le pouvoir de décider des grandes orientations politiques du Kazakhstan, il a cependant attendu deux semaines avant d'annoncer solennellement sa décision d'accepter la proposition de son parti Nour-Otan de briguer un nouveau mandat.

"Les jeunes comprennent eux-mêmes leur devoir -- personne ne nous force à voter. Nous avons vu des révolutions au Kirghizstan, la guerre en Ukraine. Nous ne voulons pas d'un tel avenir pour le Kazakhstan", explique Goulmira Bardygoulova, étudiante à Almaty, la plus grande ville du pays, après avoir voté pour M. Nazarbaïev.

"Ce serait bien si quelque chose changeait dans le pays, mais je ne connais pas les autres candidats. Personne ne doute de la victoire de Nazarbaïev", lance pour sa part Viatcheslav, un homme d'affaires de 35 ans.

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