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25/04/2015 21:24 EDT | Actualisé 25/06/2015 01:12 EDT

Les Kazakhs aux urnes pour la présidentielle anticipée, Nazarbaïev en lice pour un 5e mandat

Les Kazakhs se rendaient aux urnes dimanche, pour un scrutin anticipé convoqué sur fond de graves difficultés économiques que le dirigeant sortant Noursoultan Nazarbaïev est quasi-assuré de remporter pour la cinquième fois.

Quelque 9,5 millions d'électeurs sont appelés aux bureaux de vote qui ont ouvert à 01h00 GMT et fermeront à 14h00 GMT.

"Je suis sûr que les Kazakhs choisiront la politique de stabilité, de développement (...) et d'harmonie dans notre pays", a déclaré M. Nazarbaïev, 74 ans dont 24 ans à la tête du Kazakhstan, dans une adresse à la nation diffusée à la veille de l'élection.

Il a appelé ses concitoyens à venir voter massivement à ce scrutin, qui sera surveillé par plus de 1.000 observateurs internationaux, pour prouver ainsi "de manière convaincante" leur "unité" devant le monde entier.

Elu président pour la première fois en 1991 - il était alors le seul candidat -, Noursoultan Nazarbaïev a depuis été réélu en 1999, 2005 et 2011, chaque fois avec des scores spectaculaires dépassant les 80% des voix. Ces élections n'ont cependant jamais été reconnues comme ayant été libres et justes par les observateurs internationaux.

Cette fois non plus, "ce n'est pas une élection, c'est une réélection", résume à l'AFP l'analyste Dosym Satpaïev, directeur du Groupe kazakh d'évaluation des risques, dont le siège est à Almaty.

L'opposition réelle n'a présenté aucune candidature pour ce scrutin sans suspense dans lequel M. Nazarbaïev fait face à deux autres candidats largement considérés comme étant ses partisans.

L'un des rivaux du président sortant à l'élection de dimanche sera le candidat du Parti communiste, Tourgoun Syzdykov, 68 ans. Cet ancien fonctionnaire de province s'est notamment distingué par ses propos contre la mondialisation visant aussi bien Hollywood que les hamburgers et les jeux vidéo.

Le troisième candidat, indépendant, est Abelgazy Koussaïnov, 63 ans, dont la campagne électorale se concentre surtout sur les questions liées à l'environnement. Après avoir occupé plusieurs postes ministériels au long de sa carrière, il dirige actuellement la Fédération nationale des syndicats.

"Dans l'ensemble, un accès équitable aux médias a été fourni à tous les candidats, et les électeurs ont pu avoir des informations complètes, fiables et objectives sur eux", a assuré la Commission électorale centrale kazakhe.

Pour sa part, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a dénoncé l'abondance de "panneaux et affiches" publicitaires pour M. Nazarbaïev, non seulement "candidat", mais aussi "chef de l'Etat" qui fait en cette qualité la promotion de grands événements culturels et sportifs au Kazakhstan.

Dans le même temps, l'OSCE a souligné dans un rapport diffusé à l'approche de l'élection ne "presque pas avoir remarqué" dans les rues de "matériel de la campagne électorale des deux autres candidats".

- 'Je ne connais pas les autres candidats'-

M. Nazarbaïev a convoqué une élection présidentielle anticipée fin février en raison de "difficultés" économiques, alors que le Kazakhstan, allié de Moscou au sein d'une zone de libre-échange, subit de plein fouet la crise économique en Russie et la chute des cours du pétrole.

Porteur depuis 2010 du titre de chef de la Nation, un statut qui lui confère à vie le pouvoir de décider des grandes orientations politiques du Kazakhstan, il a cependant attendu deux semaines avant d'annoncer solennellement sa décision d'accepter la proposition de son parti Nour-Otan de briguer un nouveau mandat.

Si le Kazakhstan est loin d'être un modèle démocratique, Noursoultan Nazarbaïev jouit d'une réelle popularité exceptionnelle dans ce pays, le plus prospère d'Asie centrale.

Quelques 91% des Kazakhs sont ainsi satisfaits de ses activités en tant que chef de l'Etat, selon un sondage rendu public mardi par le centre Ipsos MORI.

"Je vais donner ma voix à mon président", assure Maroupjan Kourbanov, un étudiant de 21 ans à Almaty qui n'a donc connu qu'un président dans toute sa vie. "Il a un programme économique clair. Et les deux autres candidats parlent très peu d'économie", ajoute l'étudiant.

"Ce serait bien si quelque chose changeait dans le pays, mais je ne connais pas les autres candidats. Personne ne doute de la victoire de Nazarbaïev", dit pour sa part Viatcheslav, un homme d'affaires de 35 ans résidant à Astana, la capitale.

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