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26/04/2015 14:00 EDT | Actualisé 26/06/2015 01:12 EDT

Les familles d'otages américains doivent pouvoir parler rançon (experts)

L'administration américaine ne doit pas chercher à empêcher les familles d'otages américains de groupes extrémistes de parler rançon avec les ravisseurs, estiment, selon ABC News, des experts mandatés par la Maison Blanche pour revoir les relations du gouvernement avec ces familles.

"Il n'y aura absolument aucun risque qu'un membre quelconque d'une famille d'otage américain ait à redouter de la prison, ou même des poursuites, pour essayer de faire libérer un proche", explique l'un des experts du groupe de travail, cité par la chaîne.

La Maison Blanche exclut toujours formellement que le gouvernement négocie une rançon pour les otages de groupes extrémistes. Mais le gouvernement devrait s'abstenir désormais de menacer les familles ayant leurs propres discussions avec les preneurs d'otages, estiment les experts.

Selon CBS News, la famille de Warren Weinstein, l'otage d'Al-Qaïda tué accidentellement en janvier par une frappe de drone américain, avait versé 250.000 dollars pour obtenir sa libération, sans succès.

"La famille a fait tous les efforts possibles pour discuter avec ceux qui le détenaient ou ceux qui ont le pouvoir de le trouver et de le secourir", s'est borné à déclarer un porte-parole de la famille interrogé par l'AFP.

La revue de la politique de l'administration sur les otages a été demandée par la Maison Blanche au Centre national de lutte anti-terroriste après les critiques de familles s'estimant laissées pour compte par l'administration.

Elle a été confiée au général Bennett Sacolick, un ancien chef des commandos Delta, des forces spéciales américaines spécialistes notamment des opérations de récupération d'otages. Le rapport définitif n'est pas encore terminé.

La mère de James Foley, le journaliste décapité en août 2014 par le groupe Etat islamique, avait expliqué en septembre que "à trois reprises", l'administration a affirmé à la famille qu'il était "illégal" de chercher à négocier une rançon, et qu'elle pourrait faire l'objet de poursuites judiciaires.

Diane Foley s'est félicitée devant ABC des recommandations des experts, estimant qu'il y avait "beaucoup à faire" pour réparer les relations entre l'administration et les familles.

Début septembre, un autre journaliste américain Steven Sotloff avait lui aussi été décapité par l'EI. Les images des deux exécutions, soigneusement mises en scène, avaient été largement diffusées.

Elaine Weinstein a dénoncé cette semaine, après l'annonce de la mort de son mari, l'aide "inconsistante et décevante" du gouvernement américain pendant les trois ans et demi de détention de son mari.

"Nous espérons que la mort de mon mari (...) pousseront finalement le gouvernement américain à prendre ses responsabilités, et à établir une approche coordonnée et cohérente pour soutenir les otages et leurs familles", a-t-elle déclaré.

La rancoeur des familles a été exacerbée au printemps dernier lorsque l'administration américaine a échangé 5 talibans détenus à Guantanamo contre la libération du soldat américain Bowe Bergdahl, poursuivi ensuite pour désertion.

lby/gde