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26/04/2015 00:45 EDT | Actualisé 25/06/2015 01:12 EDT

GB: barjots, super-héros et autres excentriques égayent la campagne électorale

Les élections législatives britanniques du 7 mai attirent comme un aimant les excentriques, barjots et autres bouffons, dont certains rêvent de s'asseoir sur les molletonneux bancs verts de la Chambre des communes à Westminster.

Ces candidats décalés, qui se moquent allégrement de cette grand-messe électorale, apportent une vraie bouffée d'air frais à une campagne ultra-contrôlée.

Sur la première marche du podium de l'extravagance, on trouve l'Official Monster Raving Loony Party (le parti officiel super fou furieux), trublion de la scène politique britannique depuis des décennies.

Son "manicfesto" --de "manic", fou en anglais-- promet d'installer l'air conditionné à l'extérieur pour lutter contre le réchauffement climatique et des airbags à la Bourse pour amortir le prochain krash financier.

Ce parti, qui présente 16 candidats "tarés", peut se targuer d'avoir vu certaines de ces propositions adoptées, comme le passeport pour les animaux ou les pubs ouverts 24h sur 24.

"Nous promettons de faire toutes les choses que les autres partis disent qu'ils vont faire mais ne font pas", déclame son leader, Alan Hope, vêtu d'un costume d'une blancheur immaculée, d'un énorme chapeau de cow-boy, d'un noeud papillon couleur léopard et d'une gigantesque cocarde électorale.

L'homme âgé de 72 ans est candidat dans la même circonscription de l'ouest londonien que le truculent maire de Londres, Boris Johnson, et espère que les électeurs auront du mal à déterminer lequel des deux est le "Loony" officiel.

"Les législatives sont drôlement amusantes", confie-t-il à l'AFP dans le pub de son quartier, à Fleet, au sud-ouest de Londres. "Quand on se pointe, les gens disent +C'est chouette que vous soyez là, au moins ça ne sera pas aussi ennuyeux+."

- Un super-héros flatulent -

Autre poids lourd de l'excentricité: le Capitaine Beany, qui tire son nom des "baked beans", ces fameux haricots blancs cuits dans une sauce tomate, inconditionnels du petit-déjeuner anglais malgré leur tendance à provoquer des flatulences.

Cela fait 25 ans que Barry Kirk, de son vrai nom, traîne son costume de super-héros aux élections britanniques, sans succès. Cette fois, il a troqué sa combinaison et sa cape rose-orangée pour un élégant costume de la même couleur afin de gagner un peu de crédibilité.

Il est candidat à Averton, dans le sud du pays de Galles, contre "un parachuté": le travailliste Stephen Kinnock, fils d'un leader du Labour des années 1980 et aussi le mari de la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt.

Grâce à son nouveau look et sa volonté de représenter sérieusement cet ancien haut-lieu de la sidérurgie galloise, Kirk espère attirer davantage d'électeurs.

"Pouvez-vous imaginer un homme orange sur les bancs du Parlement ? Ce serait génial !", s'esclaffe-t-il.

- Murer le tunnel sous la Manche -

D'autres comptent sur leur célébrité autant que sur leur originalité pour secouer Westminster.

Mark Berry, danseur et percussionniste membre du groupe de rock alternatif Happy Mondays, a fondé le Reality Party (parti de la réalité), qui milite contre l'austérité et le fracking, technique d'extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Candidat dans une circonscription de Manchester, au nord-ouest de l'Angleterre, il fait campagne en proclamant "Secouez vos maracas si vous êtes contre les frackers".

Dans le sud-est de l'Angleterre, l'humoriste Al Murray se présente dans la même circonscription que Nigel Farage, le leader du parti populiste et europhobe UKIP.

Ce n'est aucunement un hasard puisque son personnage du "Pub Landlord", un patron de pub patriote, xénophobe et réactionnaire, se veut une caricature du chef du UKIP.

"Il me semble que le Royaume-Uni est prêt pour un mec qui agite une pinte dans tous les sens, en offrant des solutions de bon sens", proclame Al Murray.

Il propose de mettre les chômeurs en prison et de murer le tunnel sous la Manche pour arrêter l'immigration. Avec "des briques britanniques", bien-sûr.

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