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26/04/2015 00:26 EDT | Actualisé 25/06/2015 01:12 EDT

Élections en Alberta : le défi d'encourager à voter

La campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite. Les Albertains sont appelés aux urnes le 5 mai. Avec une course à trois entre le Parti progressiste-conservateur au pouvoir, le NPD et le Wildrose, l'issue du scrutin est loin d'être prévisible. Mais pour déloger les conservateurs du pouvoir qu'ils conservent jalousement depuis 43 ans, les partis d'opposition font face à un grand défi. Celui de convaincre les Albertains de se rendre dans les bureaux de vote.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Red Deer est une ville géographiquement au centre. À mi-chemin entre Calgary et Edmonton, cette municipalité d'environ 100 000 habitants est également au centre idéologiquement. Depuis des années, on y élit des députés progressistes-conservateurs dans les deux circonscriptions qui englobent les zones urbaines. Les territoires ruraux autour de Red Deer ont pour leur part été fertiles pour le Wildrose et son message de rigueur fiscale à la dernière élection provinciale en 2012.

Dans cette région comme dans bien d'autres en Alberta, le grand défi des partis d'opposition est d'encourager les électeurs à aller voter. Les convaincre que leur voix a un poids. « Chaque fois que nous avons frôlé des changements en Alberta, les taux de participation étaient élevés. Je pense donc qu'un fort taux de participation favorise les formations d'opposition », estime le professeur en sciences politiques à l'Université de Calgary, David Stewart.

Pour consulter le graphique sur un appareil mobile, cliquez ici.

Pour illustrer le défi auquel font face les formations d'opposition, voici trois portraits d'électeurs de la région de Red Deer.

Le citoyen engagé

Serge Gingras est candidat pour le Parti albertain, une jeune formation centriste d'opposition. Son but dans cette campagne est évidemment d'être élu dans la circonscription de Red Deer-South où il se présente. Mais il veut aussi sensibiliser ses concitoyens aux enjeux publics et les encourager à s'intéresser aux débats politiques.

Une chose qui n'est pas nécessairement évidente a constaté ce Québécois d'origine qui vit en Alberta depuis des dizaines d'années. « Il y a eu un temps où je trouvais cela triste. J'essayais de comprendre pourquoi les gens n'étaient pas plus engagés politiquement. En passant beaucoup de temps en Alberta, avec un même gouvernement, j'ai vu un détachement des gens envers la politique ». Mais cette année, il est sûr que la participation des citoyens sera plus importante.

L'électeur indécis

Dans son restaurant de Red Deer, Charles Leclerc entend parfois ses clients parler de politique. Il constate que certains clients « sont conservateurs, peu importe ce qui se passe ». D'autres, comme lui, sont insatisfaits, entre autres de la gestion économique du gouvernement. Mais Charles Leclerc n'a pas encore été convaincu par les représentants des partis d'opposition qu'il a rencontrés. « Ils semblaient préoccupés par trouver un moyen de sortir les conservateurs. Mais ils n'avaient pas une vision pour l'Alberta. S'ils réussissent, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Est-ce qu'ils ont un plan? » se questionne-t-il.

L'Albertain désillusionné

L'agent immobilier de Red Deer Marc Aubin a fait confiance au Wildrose, le parti le plus à droite, aux élections de 2012, puisqu'il « était tanné des conservateurs ». Mais en décembre 2014, la plupart des députés du Wildrose ont fait défection pour rejoindre les rangs du Parti progressiste-conservateur au pouvoir. Un geste qui a désillusionné Marc Aubin. « Pour moi, c'était terrible ! Cela montre qu'ils n'étaient là que pour un job », s'insurge-t-il ». Toujours amer de cette expérience, il envisage ne pas aller voter cette année.

Pour les partis d'opposition, le défi d'encourager les Albertains à se rendre aux urnes n'est pas nouveau. En 2012, moins de 55 % des électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote. En 2008, le taux de participation était de moins de 40 %.