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26/04/2015 15:48 EDT | Actualisé 26/06/2015 01:12 EDT

Burundi: l'opposition appelle à de plus grandes manifestations lundi

L'opposition au Burundi qui entend contrer la candidature annoncée du président burundais Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel, a appelé à de plus grandes manifestations lundi après une journée de violents affrontements avec la police.

"Nous appellons les habitants de Bujumbura à venir manifester contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza en plus grand nombre demain (lundi)", a déclaré devant des journalistes Vital Nshimirimana, président du Forum pour le renforcement de la société civile au Burundi, plate-forme d'ONG.

"La campagne contre le 3e mandat appelle également les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l'école et les magasins à fermer toute la journée, en signe de solidarité", a-t-il dit, "pour éviter qu'ils ne soient victimes des policiers burundais qui tirent aveuglement sur la foule".

Cet appel à manifester intervient après une journée marquée par des violences aux cours desquelles deux manifestants ont été tués pas balles à Bujumbura, alors qu'ils protestaient contre la candidature du président à un 3e mandat, ont rapporté des témoins.

Des heurts ont éclaté entre manifestants et policiers dans divers quartiers de la capitale au lendemain de la désignation par son parti du président Pierre Nkunruziza comme candidat à la présidentielle du 26 juin.

Selon des témoins, un manifestant a été tué dans le quartier de Ngagara et un autre dans celui de Musaga, où la police a fait usage de balles réelles pour disperser les manifestants.

"Nous avons appelé à des manifestations pacifiques et c'est bien ce qui se passait, mais la police et les milices du parti au pouvoir ont tiré à balles réelles sur les manifestants", a affirmé Frodebu Leonce Ngendakumana, un dirigeant de l'opposition.

Le ministre burundais de l'Intérieur Edouard Nduwimana a condamné ce qu'il a qualifié de "soulèvement à l'appel de certains hommes politiques et responsables de la société civile".

A l'approche du congrès formalisant la candidature du président sortant que l'opposition juge inconstitutionnelle, les autorités avaient interdit toute manifestation tandis que l'opposition avait appelé à manifester "pacifiquement" dès dimanche.

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