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26/04/2015 00:45 EDT | Actualisé 25/06/2015 01:12 EDT

Achetez "Made in Kazakhstan": réponse kazakhe à l'afflux de produits russes bon marché

Achetez "Made in Kazakhstan": une campagne de promotion des produits locaux bat son plein dans ce pays d'Asie centrale qui tente ainsi de faire face à l'afflux des produits russes devenus plus que bon marché en raison de la crise en Russie et de l'effondrement du rouble.

Les grands panneaux en couleurs vives "Fabriqué au Kazakhstan!" ont été installés dans plusieurs supermarchés de cette ex-république soviétique, en mettant en valeur les produits locaux, censés devenir plus attrayants pour les consommateurs.

Beaucoup de Kazakhs semblent en effet avoir été convaincus.

"Je préfère acheter des produits locaux. J'essaie de ne pas nourrir ma famille avec des produits turcs ou russes", dit ainsi Dina Kim, 29 ans, venue faire des courses dans un supermarché à Almaty, la plus grande ville du pays.

D'autres se montrent moins enthousiastes. "Le gouvernement nous a dit que l'intégration avec la Russie rendrait les produits moins chers. Maintenant, ils nous demandent d'acheter les produits qui sont plus chers", regrette Vera, 45 ans.

Le Kazakhstan fait partie de l'Union économique eurasiatique, une zone de libre échange créée par Moscou et regroupant également l'Arménie et le Bélarus.

Pays le plus prospère d'Asie centrale, le Kazakhstan subit cependant de plein fouet la crise économique en Russie dont les produits, importés sur le marché kazakh, sont devenus nettement moins cher par rapport aux produits locaux en raison de la chute du rouble qui avait perdu l'an dernier près de 50% de sa valeur face au dollar.

- Plus de chocolat russe -

Évoquant officiellement des "raisons sanitaires", le gouvernement kazakh a récemment introduit des restrictions à l'importation de plusieurs produits alimentaires russes, du chocolat aux produits à base de porc, devenus plus attrayants pour les consommateurs.

Cette décision a été annoncée peu après que le confiseur Rakhat, l'un des géants du secteur au Kazakhstan, s'est plaint publiquement d'avoir vu ses ventes chuter de 20 à 30% depuis que ses concurrents russes se sont mis à vendre du chocolat 60% moins cher.

Souffrant également de la chute des cours du pétrole, le Kazakhstan, très riche en hydrocarbures, avait par ailleurs suspendu en mars pour 45 jours ses importations de l'essence et de gasoil en provenance de Russie, pour protéger son marché intérieur.

Cette suspension a été prolongée la semaine dernière, alors que la campagne labours-semailles, qui entraîne une demande supplémentaire, doit être lancée dans les prochains jours au Kazakhstan.

La Russie a riposté en introduisant l'embargo sur les produits laitiers, les fruits et les légumes kazakhs, même si les deux pays ont assuré être loin d'une guerre commerciale.

- Réélection attendue -

Sur fond de difficultés économiques, le Kazakhstan élit dimanche son président au cours d'un scrutin anticipé que le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev est quasi-assuré de remporter pour la cinquième fois.

Alors que les activités de M. Nazarbaïev, au pouvoir depuis 1991, sont approuvées par environ 91% des Kazakhs selon un récent sondage, la chute du prix du pétrole et la faiblesse du rouble ont suscité une certaine inquiétude dans le camp gouvernemental, selon des analystes.

"La situation n'est pas pire qu'au moment de l'élection (présidentielle) de 1999, qui est arrivée juste après le défaut russe et la crise financière asiatique, mais elle est quand même grave", explique l'analyste kazakh Touleguen Askarov.

Selon lui, la campagne "Achetez +Made in Kazakhstan+", ainsi que les embargos imposés à la Russie, sont avant tout des "solutions de dépannage". "Une fois l'élection passée, le gouvernement devra trouver des mesures plus concrètes, et un peu moins populistes", affirme-t-il.

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