POLITIQUE
24/04/2015 02:35 EDT | Actualisé 24/04/2015 04:04 EDT

Québec annonce la construction d'une nouvelle ligne de transport d'électricité entre le Lac-Saint-Jean et Montréal (VIDÉO)

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, son ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand et le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, ont annoncé la construction d'une nouvelle ligne de transport d'électricité de 400 kilomètres entre le Lac-Saint-Jean et Montréal.

« Je suis très heureux d'annoncer que ce projet va de l'avant », a déclaré Philippe Couillard, qui a précisé que la nouvelle ligne parcourera six régions de la province, soit le Saguenay-Lac-St-Jean, la Mauricie, Lanaudière, les Laurentides, Laval et Montréal.

L'annonce du projet a été faite au siège social de la société d'État, à Montréal.

Durant les périodes de pointe des travaux, ce sont plus de 1500 travailleurs qui seront à l'œuvre. Avec des investissements évalués à près de 1,4 milliard de dollars, ce projet engendrera des retombées économiques estimées à 1,1 milliard de dollars pour la province.

M. Couillard a précisé que les travaux de construction de cette ligne de transport s'étaleront sur une période de 18 mois. La mise en service de nouveaux liens se fera à l'automne 2018.

« Nous avons atteint les limites du réseau actuel. Il fallait faire quelque chose. »

— Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal

Hydro-Québec soutient que ce projet, qui doit créer des centaines d'emplois pendant une période de cinq ans, est nécessaire et permettra de rendre son réseau plus fiable.

« Ce projet est essentiel pour assurer la stabilité de notre réseau électrique. [...] C'est la solution la plus économique pour décongestionner le réseau. »

— Pierre Arcand, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec

L'amélioration de la capacité de transporter de l'électricité

En emménageant cette ligne de transport nord-sud, Philippe Couillard a expliqué qu'Hydro-Québec pourra faire face à un enjeu d'importance : les pertes d'énergie. Actuellement, l'électricité produite dans le nord ne peut être totalement acheminée dans le sud de la province. Lorsqu'elle arrive à Chamouchouane, l'électricité se retrouve dans une sorte d'entonnoir et les pertes qui en découlent sont telles qu'elles pourraient approvisionner une ville comme Repentigny sur une année.

« Ce projet a fait l'objet d'une analyse du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) dont toutes les recommandations environnementales ont été prises en compte par le ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la lutte contre les changements climatiques. »

— Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Une farouche opposition

Le tracé de la nouvelle ligne Chamouchouane-Bout-de-l'île d'Hydro-Québec est cependant contesté. Le BAPE a émis des réserves et nombre de citoyens et d'élus ont fait part de leur opposition.

Dans la région de Lanaudière, six préfets de municipalités régionales de comté (MRC) ont adopté une résolution contre le tracé de la ligne.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie et de ressources naturelles, Bernard Drainville, de même que les députés péquistes de la région de Lanaudière, Véronique Hivon, Nicolas Marceau, Mathieu Traversy et André Villeneuve, ont fait part de leur désapprobation par voie de communiqué.

Ils dénoncent l'empressement du gouvernement à enclencher ce projet, en dépit de l'opposition manifestée par quantité de citoyens et de l'avis défavorable du BAPE.

Sylvie Roy, de la Coalition Avenir Québec, rappelle que le BAPE avait recommandé que soit revus la procédure d'évaluation et les impacts, de manière à ce que la ligne engendre moins d'impact sur l'environnement et la population.

« J'aimerais que le gouvernement demande à Hydro-Québec de refaire ses devoirs et de reconsidérer le cheminement de la ligne », a déclaré Mme Roy.