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24/04/2015 10:07 EDT

François Hollande appelle la Turquie à reconnaître le génocide arménien (VIDÉO)

Le président français François Hollande a appelé vendredi à demi-mot la Turquie à reconnaître le génocide arménien lors de cérémonies à Erevan marquant le centenaire du déclenchement des massacres perpétrés par les Turcs ottomans en 1915, lançant aussi un appel en faveur des chrétiens d'Orient.

"Il y a en Turquie des mots, et des mots importants, qui ont déjà été prononcés mais d'autres sont encore attendus pour que le partage du chagrin puisse devenir le partage d'un destin", a-t-il lancé lors d'émouvantes et solennelles cérémonies au Memorial du génocide, sur les hauteurs d'Erevan.

Faisant de ce centenaire "un appel à la paix et à la réconciliation", François Hollande a ainsi souhaité que "la frontière entre la Turquie et l'Arménie puisse se rouvrir prochainement".

En janvier 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inattendu, présentant les condoléances de son pays "aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915". Mais l'Arménie avait rejeté ces condoléances, réclamant reconnaissance du génocide et "repentir".

Et un an plus tard, François Hollande avait déjà appelé la Turquie à poursuivre son "effort de vérité", estimant qu'il était "temps de briser les tabous".

Ankara a toujours refusé d'admettre une élimination planifiée des Arméniens en 1915, évoquant la mort d'environ 500.000 d'entre eux alors qu'Erevan chiffre le nombre des victimes à 1,5 million.

Après avoir déposé une fleur au Mémorial et remonté son "Allée du deuil", le président français s'est "incliné" devant la mémoire des victimes. "Je suis venu dire à mes amis arméniens que nous n'oublierons jamais les tragédies que votre peuple a traversées", a-t-il souligné.

Mais François Hollande a inscrit aussi ces commémorations dans l'actualité tragique du Moyen-Orient, souhaitant que le souvenir de l'"horreur" du génocide arménien permette d'"empêcher qu'une autre horreur ne se répète ou ne se reproduise".

"C'est pourquoi il était important d'être ici, à Erevan, pour appeler à la défense de toutes les minorités et notamment des chrétiens d'Orient", a-t-il souligné, dénonçant "une entreprise méthodique et systématique d'éradication".

Si "les musulmans en sont par leur nombre les premières victimes", elle frappe selon lui "toute la mosaïque de peuples, de religions, de cette région".

Minorités menacées

François Hollande a évoqué parmi ces "minorités menacées par l'exil, l'asservissement et la mort", les chrétiens d'Orient, "les Arméniens de Syrie, les Turkmènes, les Kurdes, les Shabaks", fustigeant la "barbarie des terroristes de Daech", l'acronyme arabe de l'organisation Etat islamique.

Ces drames devaient également être évoqués lors d'un entretien entre François Hollande et son homologue russe Vladimir Poutine, prévu dans l'après-midi à la présidence arménienne. Mais les deux dirigeants devaient surtout évoquer la crise ukrainienne.

Le chef de l'Etat français devait ainsi exhorter une nouvelle fois Moscou à concourir à l'application stricte des accords de Minsk II, conclus à la mi-février, comme il l'avait fait mercredi aux côtés du président ukrainien Petro Porochenko, en visite officielle à Paris.

Un autre sujet devrait s'imposer aussi très vraisemblablement dans la discussion: la livraison à la Russie de deux navires de guerre Mistral, suspendue en novembre 2014 par la France en raison précisément de la crise ukrainienne.

François Hollande a admis pour la première fois mercredi que la France pourrait être amenée à "rembourser" les sommes déjà versées par la Russie pour l'acquisition de ces navires s'ils ne devaient jamais être livrés.

Il répondait en quelque sorte au maître du Kremlin qui, quelques jours plus tôt, avait clairement signifié que la Russie entendait être remboursée par Paris des sommes déjà versées pour ce contrat conclu en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy et évalué à près de 1,2 milliard d'euros. Sur ce montant, Moscou a déjà versé quelque 800 millions d'euros, selon une source proche du dossier.

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