NOUVELLES
23/04/2015 18:55 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

USA: avant le discours d'Abe au Congrès, des Coréens demandent des excuses

La venue historique du Premier ministre japonais au Congrès américain la semaine prochaine a relancé les appels à des excuses du Japon pour son rôle durant la Seconde Guerre mondiale, notamment l'enrôlement de Coréennes dans des bordels militaires.

Shinzo Abe prononcera un discours au Congrès mercredi prochain, devenant le premier dirigeant japonais à bénéficier de cet honneur.

Mais 25 élus de la Chambre des représentants, dont le président de la commission des Affaires étrangères, Ed Royce, ont écrit jeudi à l'ambassadeur japonais à Washington pour demander au Premier ministre "de poser les bases d'une cicatrisation et d'une réconciliation humble en évoquant les questions historiques". Une formulation diplomatique qui n'évoque pas la question des femmes enrôlées sexuellement pour les soldats japonais.

Séoul reproche en effet à Tokyo de ne pas s'excuser assez pour les exactions commises lors de l'occupation de la Péninsule par l'armée nippone entre 1910 et 1945, notamment à propos des femmes envoyées dans les bordels pour ses soldats.

Shinzo Abe a réitéré mercredi les "profonds remords" de l'archipel pour les crimes de son pays pendant la Seconde Guerre mondiale, lors d'un sommet Asie-Afrique à Jakarta, sans toutefois offrir les excuses attendues par ses voisins.

En 1995, le Premier ministre nippon d'alors, Tomiichi Murayama, avait dit que le Japon ressentait de "profonds remords" et avait présenté des "excuses sincères" pour "la domination coloniale et l'agression" exercées sur les pays voisins.

Une déclaration de 2005 par le Premier ministre Junichiro Koizumi reprenait la même formulation.

Jeudi au Congrès, une ancienne esclave sexuelle coréenne a témoigné lors d'une conférence de presse.

"Je ne mourrai pas tant que cette question ne sera pas résolue", a dit Lee Yong-Soo, aujourd'hui âgée de 87 ans.

"Je suis une fille honorable de Corée, je ne suis pas une femme de confort", a-t-elle insisté, en employant l'euphémisme consacré. Elle a raconté avoir été enlevée par des soldats japonais en 1944, alors qu'elle avait 16 ans.

Envoyée à Taïwan, elle est restée confinée dans un bordel militaire japonais pendant deux ans, violée, battue et torturée par des décharges électriques. "Je suis presque morte", a-t-elle témoigné.

"Aucun autre lieu que le Capitole américain ne convient mieux pour que M. Abe (...) présente des excuses directes et sincères", a estimé Jungsil Lee, président de l'association de victimes Washington Coalition for Comfort Women Issues (WCCW).

mlm/ico/sha