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23/04/2015 00:45 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Un aigle et des faucons surveillent les avions de l'Otan en Lituanie

La sécurité des pilotes de l'Otan, qui décollent de plus en plus souvent depuis un an pour surveiller l'espace aérien balte, est en grande partie confiée à des rapaces pour minimiser le risque aviaire.

Sur le tarmac de l'aéroport de Zokniai, dans le nord-ouest de la Lituanie, une petite cage grillagée pourrait passer inaperçue parmi les équipements de la base, si ce n'est les bruits stridents qui en sortent, à proximité des 4 hangars abritant les jets de l'armée polonaise, assurant depuis janvier avec les Italiens cette mission de police du ciel.

La cage abrite 4 rapaces: 3 faucons et un aigle. L'un d'eux s'est élancé le matin dans les airs, pour voler pendant 15 minutes au-dessus de la base aérienne.

"C'était tout à fait nécessaire, le temps est humide en ce moment et nous pourrions avoir des problèmes avec des oiseaux de marécage", déclare à l'AFP le jeune fauconnier Mariusz Chroscinski, 26 ans, engagé par l'armée polonaise pour ces 4 mois de rotation.

La Lituanie et les deux autres pays baltes, membres de l'Otan depuis 2004, ne possèdent pas d'avions appropriés pour surveiller leur ciel, si bien que cette mission est confiée à tour de rôle à d'autres membres de l'Alliance.

Depuis l'éclatement du conflit russo-ukrainien, l'Otan constate une intensification dans la région de la Baltique de vols d'avions militaires russes qui refusent de s'identifier, suscitant régulièrement une réaction des appareils de l'Alliance.

- 'Mieux vaut prévenir que guérir' -

Le jeune fauconnier fait le tour de la piste, accompagné de son chien de chasse qui effraye les oiseaux à terre, avant chaque fenêtre de vol.

"Même l'oiseau le plus petit peut être aspiré par les réacteurs et complètement détruire l'avion. Ce sont des engins très chers et c'est dangereux pour le pilote" explique le capitaine Janusz Szczypior, l'un des officiels de la mission polonaise.

"Lors de la rotation précédente, un avion a percuté un oiseau, mais l'oiseau n'a pas pénétré dans le moteur", raconte le capitaine, précisant que cela n'avait entraîné aucun dommage sérieux.

En Pologne, chaque aérodrome civil et militaire utilise des rapaces pour effrayer les oiseaux.

L'aérodrome de Zokniai possède par ailleurs des voitures équipées de haut-parleurs diffusant des cris de rapaces comme technique d'effarouchement.

"Les moyens mécaniques ne sont efficaces qu'à court terme: les oiseaux s'y habituent, contrairement à la présence de prédateurs", affirme le fauconnier.

Et même quand les avions doivent décoller en urgence -- 150 fois en 2014 -- le risque est déjà minimisé.

"Les oiseaux savent que des prédateurs rodent dans les parages et ils ne s'approchent pas", souligne Mariusz qui retournera sur la base militaire de Minsk Mazowiecki dans le centre de la Pologne, à la fin de sa mission en Lituanie.

Un coût minime pour un effet maximum. Un oiseau rapace coûte jusqu'à 1.000 euros et il mange quotidiennement l'équivalent de son poids en viande: une goutte d'eau dans le budget de la mission polonaise, sachant que les jets peuvent consommer 15 litres de carburant à la seconde.

La méthode séduit aussi les Lituaniens. "Mieux vaut prévenir que guérir", explique Arnas Glazauskas, responsable des relations internationales sur la base de Zokniai.

"La méthode est efficace, compte tenu que les décollages et les vols sont beaucoup plus nombreux ces derniers temps. La Lituanie devrait sous peu lancer un appel d'offres de services de fauconnerie, pour offrir aux pays venant pour cette mission de police du ciel une sécurité encore plus grande", conclut-il.

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