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23/04/2015 13:10 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Travailleurs étrangers temporaires : des boucanières s'inquiètent

Des boucanières de hareng du Nouveau-Brunswick évoquent la possibilité de fermer si Ottawa ne change pas les règles sur l'embauche de travailleurs étrangers. Les plus jeunes boudent les emplois dans ces usines de la région de Cap-Pelé, alors les boucanières doivent se tourner vers les immigrants.

Depuis quelque temps, l'industrie des pêches presse Ottawa d'assouplir les règles au sujet des travailleurs étrangers. Partout en Atlantique, les entreprises de pêche ont de la difficulté à trouver de la main-d'oeuvre.

La propriétaire de la boucanière Botsford Fisheries à Cap-Pelé reconnaît qu'elle en demande beaucoup à ses employés. C'est qu'il faut plusieurs marins pour préparer le hareng fumé. 

« C'est de la répétition toute la journée. [...] Même moi je ne serais pas capable de le faire », explique la présidente Janice Ryan.

« Les jeunes veulent de meilleures "jobs" que nous. Ils ne veulent pas arriver à la maison en puant », ajoute l'employée Sally Cormier qui aime travailler dans une boucanière.

Résultat: la moyenne d'âge des employés des boucanières dépasse 50 ans. « J'ai aucune idée comment on pourrait avoir plus de jeunes. Des jeunes qui seraient de bons travaillants. Il faudrait avoir de bonnes motivations », pense Janice Ryan.

Bien que les boucanières de hareng offrent des salaires plus élevés que les usines de homard, le recrutement d'employés pose toujours problème.

« On peut augmenter les salaires, ça va rien faire. Je paye des employés de 14 à 16 dollars de l'heure, ça change rien » ajoute la présidente de l'entreprise.

Janice Ryan dépend donc des travailleurs temporaires étrangers pour apprêter le hareng. Au plus fort de la saison, plus de la moitié de ses employés sont des immigrants. Le resserrement des règles par le gouvernement fédéral lui fait craindre le pire.

« Je ne sais pas. On ferme l'usine. On n'a pas le choix. [...] Sans les employés, le travail ne se fait pas. Même s'ils disent qu'il faut investir dans la technologie, il y a quand même certaines tâches dans une boucanière que tu ne peux pas faire avec une machine », dit-elle.

La boucanière Botsford Fisheries appartient à la même famille depuis trois générations. Sans travailleurs étrangers, l'entreprise risque de ne pas passer à la quatrième.

D'après un reportage de Michel Nogue