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23/04/2015 04:56 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Sri Lanka: deux frères de l'ex-président face aux enquêteurs anti-corruption

Deux frères de l'ancien président srilankais Mahinda Rajapakse devaient répondre jeudi d'accusations de corruption, illustration du coup d'accélérateur donné par le nouveau gouvernement à sa campagne de répression contre les représentants de l'ancien pouvoir.

Quelques heures après l'arrestation du plus jeune frère de l'ancien président, Basil, Gotabhaya Rajapakse, 65 ans, a été entendu par la Commission chargée de la lutte contre la corruption (CIABOC) qui le soupçonne d'avoir perçu des pots-de-vin alors qu'il était ministre de la Défense.

Gotabhaya, qui était considéré comme le véritable tenant du pouvoir durant les 10 ans de règne de son frère Mahinda Rajapakse, 69 ans, a dénoncé avec colère son audition par les enquêteurs anti-corruption en arrivant au siège du CIABOC dans le centre-ville de Colombo.

"Ils agissent contre la politique que nous avons mise en oeuvre", a-t-il dit à la presse. "Si ça continue, il vont arrêter l'ancien gouvernement tout entier, c'est ridicule. Je n'ai rien fait de mal. J'étais un ministre honnête".

L'ancien ministre de la Défense a été brièvement entendu avant une nouvelle convocation prévue la semaine prochaine.

Basil Rajapakse, 64 ans, ancien ministre du développement économique dans le gouvernement de son frère, a lui été placé en détention à Colombo. Il est soupçonné d'avoir détourné des centaines de milliers de dollars d'un programme controversé de logements sociaux et devait être interrogé à ce sujet par les enquêteurs.

Détenteur de la double citoyenneté américaine et srilankaise, il avait fui aux Etats-Unis peu après la défaite le 8 janvier de son frère face à Maithripala Sirisena au scrutin présidentiel. Il a été arrêté mercredi peu après son retour au pays et n'est pas libérable sous caution.

Le nouveau président sri-lankais a lancé une série d'enquêtes sur des soupçons de corruption concernant des proches de l'ancien chef de l'Etat.

Ce dernier a estimé que l'ancien gouvernement était victime d'une chasse aux sorcières. "Ils n'ont pas de preuve. Ce sont des allégations fantaisistes. C'est une chasse aux sorcières", avait déclaré mercredi à l'AFP M. Rajapakse, qui fait lui aussi l'objet d'une investigation pour corruption et devrait être interrogé prochainement par les enquêteurs.

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