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23/04/2015 06:18 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

RWE redoute une sortie de l'Allemagne du charbon, objet d'un intense débat

L'énergéticien allemand RWE a accusé jeudi Berlin de préparer "la sortie désordonnée du charbon" et agité le spectre de "dizaines de milliers d'emplois" en péril, alors qu'un débat fait rage en Allemagne sur l'avenir de cette source d'énergie.

"Si les plans du ministère de l'Economie sont mis en oeuvre comme prévu, cela va conduire à des changements structurels considérables", a prévenu lors de l'assemblée générale des actionnaires de RWE à Essen (ouest) le patron du numéro deux allemand de l'énergie, Peter Terium.

Il a prédit "une sortie désordonnée du charbon", qui coûterait "des dizaines de milliers d'emplois" directement et indirectement liés à la filière charbon et poserait une hypothèque sur la sécurité d'approvisionnement, alors que le pays doit déjà d'ici 2022 fermer toutes ses centrales nucléaires.

Berlin veut pénaliser la production d'électricité au charbon, afin que le pays puisse atteindre ses objectifs de réduction de CO2, à savoir une baisse de 40% d'ici 2020 par rapport à 1990.

Selon le plan d'action du gouvernement, la production d'électricité doit arriver à une réduction de 22 millions de tonnes de CO2 d'ici 2020 en sus des efforts déjà consentis. Le ministère de l'Economie et de l'Energie, tenu par le social-démocrate Sigmar Gabriel, veut faire reposer le gros de la contribution de la branche électricité sur les centrales à charbon, qui représentent quelque 40% du courant brut produit en Allemagne.

Son projet suscite une véritable levée de boucliers chez les producteurs, soutenus par le syndicat de la chimie et de l'énergie IG BCE. Les plans du gouvernement conduiraient à la fermeture des centrales au charbon les plus âgées, soit 10% du parc selon le gouvernement, jusqu'à 40% selon RWE.

Selon IG BCE, c'est par ricochet toute la filière qui est menacée. L'Allemagne exploite du lignite, et la pression est forte sur Berlin pour préserver les emplois dans ce secteur.

Parmi les conservateurs de la chancelière Angela Merkel, qui gouvernent avec les sociaux-démocrates, beaucoup sont critiques des projets du ministère de l'Economie.

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