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23/04/2015 07:54 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Russie: le gouvernement ajuste son estimation de baisse du PIB au 1er trimestre à 2,2%

Le gouvernement russe a ajusté jeudi son évaluation de la baisse du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, à 2,2% sur un an, ce qui représente la première contraction de l'économie russe en glissement annuel depuis 2009.

"Au premier trimestre, la diminution du PIB a représenté 2,2%", a déclaré le ministre de l'Economie Alexeï Oulioukaïev lors d'une réunion du gouvernement.

Mardi, le Premier ministre Dmitri Medvedev avait évalué cette baisse à "environ 2%".

Ces chiffres, qui doivent encore être affinés par l'agence des statistiques, confirment que la crise monétaire de décembre, après des mois de sanctions croissantes liées à la crise ukrainienne et de chute des cours du pétrole, se traduit désormais par une contraction de l'activité.

L'envolée de l'inflation plombe notamment le pouvoir d'achat et la consommation.

M. Oulioukaïev a rappelé que les ventes de détail avaient chuté de 6,7% sur un an au premier trimestre, et les investissements de 6%.

Le ministre a cependant souligné constater des "éléments significatifs de stabilisation financière et macroéconomique", notamment en terme d'inflation. "La confiance des marchés s'est renforcée", a-t-il observé.

Le rouble, après avoir perdu près de la moitié de sa valeur en un an, a rebondi de 40% depuis début mars face au dollar, ce qui fait espérer aux autorités que le pire du choc monétaire est passé.

Mercredi, M. Oulioukaïev avait cependant reconnu que la chute du PIB au deuxième trimestre pourrait être plus forte qu'au premier, les effets de la reprise financière ne se propageant que lentement à l'économie réelle.

Il avait néanmoins annoncé que le gouvernement prévoyait désormais une chute de 2,8% du PIB en 2015, contre 3% jusqu'alors, et un retour à la croissance dès 2016.

Ces prévisions prennent en compte "les limitations sérieuses" qui plombent l'économie russe, a souligné jeudi M. Medvedev: "C'est avant tout la diminution des investissements, notamment de la part du secteur privé, la continuation des fuites de capitaux et une situation qui n'est pas simple sur les marchés des matières premières".

"Malgré tout nous prévoyons que, dès l'année prochaine, la croissance économique reviendra" et dépassera 2%, a-t-il précisé.

Le Fonds monétaire international, dans ses prévisions de printemps, se montre plus pessimiste puisqu'il prévoit un recul de 3,8% du PIB cette année et de 1,1% l'an prochain.

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