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23/04/2015 18:34 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

PKP s'étonne de voir le PQ reculer alors que la souveraineté progresse

QUÉBEC - Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau s'est étonné, jeudi, de voir sa formation politique reculer dans les sondages alors que la souveraineté est en hausse.Un sondage CROP publié jeudi montre un recul de sept points de M. Péladeau dans les intentions de vote des Québécois, tandis que l'option souverainiste grimpe de six points.«Ce que je retiens du sondage, c'est assez intéressant, c'est que la souveraineté est en hausse, a-t-il dit aux journalistes. Mais, quand même, il y a des incongruités, le PQ serait en baisse, donc ce n'est pas facile à comprendre.»Alors que le favori dans la course du PQ semblait le mois dernier en position de former un gouvernement, l'enquête d'opinion réalisée du 15 au 20 avril montre que ce n'est plus le cas, avec un résultat de 33 pour cent des intentions de vote pour les libéraux.S'il était chef du PQ, M. Péladeau obtiendrait 30 pour cent des appuis des électeurs, contre 37 pour cent en mars dernier. Durant la même période, l'option souverainiste est passée de 35 pour cent à 41 pour cent, indique le sondage effectué auprès de 1000 participants d'un panel Web.Au lendemain du ralliement du candidat Bernard Drainville au meneur, l'enquête d'opinion le place clairement en troisième position dans les perceptions des répondants, derrière Alexandre Cloutier.En se rendant jeudi matin à une réunion des députés péquistes, M. Péladeau a souligné les éléments contradictoires des résultats publiés jeudi dans les quotidiens Le Soleil et La Presse.«Je trouve ça effectivement curieux que la souveraineté soit en hausse et le Parti québécois en baisse parce que le Parti québécois a toujours été le véhicule de la souveraineté», a-t-il dit.M. Péladeau, député de Saint-Jérôme, a minimisé le recul de ses appuis dans les intentions de vote en rappelant que la prochaine élection est dans plus de trois ans.«C'est un coup de sonde, nous sommes en campagne à la chefferie et pas en campagne électorale», a-t-il dit.Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a observé que l'effet de nouveauté dont jouissait M. Péladeau est en train de s'atténuer.Le recul de M. Péladeau, qui répète fréquemment son objectif de séduire les électeurs de la CAQ, est de bon augure pour la CAQ, a estimé M. Legault, à la lumière du sondage qui montre une légère progression de son parti de quatre points, à 22 pour cent.«L'effet lune de miel est en train de baisser, donc bientôt ça va mieux aller», a-t-il dit aux journalistes avant la période des questions.En allant rejoindre des collègues pour une réunion, M. Cloutier a affirmé que les résultats du sondage correspondent au pointage de son organisation qui montrent une tendance à la hausse dans ses appuis. Le candidat a refusé de se prononcer sur le recul du favori dans la course.«Je n'ai pas l'intention de commenter, a-t-il dit aux journalistes. Vous savez que j'ai été positif depuis le début. Je vais continuer à l'être, d'ailleurs je crois que c'est une raisons qui expliquent que des gens se tournent vers moi.»M. Cloutier a affirmé que le désistement de M. Drainville lui a valu une grande quantité de messages d'appuis.«Je me réveille ce matin: ma boîte vocale est pleine, a-t-il dit. Il y a plein de monde qui m'écrit pour me dire: 'Alexandre, dorénavant, tu es notre homme, tu peux compter sur nous.'»La candidate Martine Ouellet a réagi aux résultats en reprenant une formulation lancée la semaine dernière par M. Drainville, quand il a mis en garde les militants contre la tentation de voir «un sauveur» en M. Péladeau.«Je pense qu'il faut toujours être prudent et avec les sondages et avec les sauveurs, a-t-elle dit. Je pense que c'est important de revenir sur une campagne d'idées.»Mme Ouellet, qui ne dispose d'aucun appui dans le caucus, a annoncé jeudi que cinq présidents de circonscriptions de la région de Québec se rangent derrière elle, dont deux qui étaient dans le camp de M. Péladeau depuis l'automne dernier.La présidente de l'exécutif de Chauveau, Maude-Amélie Verville, a changé d'allégeance, tandis que celle de Montmorency, Émilie Laplante, a choisi un camp différent de son prédécesseur, Réjean Bacon, qu'elle a remplacé en décembre.L'organisation de M. Péladeau comptabilisait toujours ces appuis, jeudi, avant d'être informée par La Presse Canadienne de ces changements.Par ailleurs, la députée Carole Poirier, qui appuyait M. Drainville avant son ralliement à M. Péladeau, a affirmé qu'elle était en réflexion pour décider à qui son allégeance ira.Mme Poirier évaluera prochainement la réceptivité des quatre candidats aux propositions sur l'aide sociale dont M. Drainville s'était fait le porteur.«Je respecte sa décision, mais moi je vais prendre du temps pour réfléchir, a-t-elle dit. Je n'exclus rien, je vais rencontrer chacun des candidats.»Cinq des sept députés qui appuyaient M. Drainville l'ont suivi dans le camp de M. Péladeau, qui compte maintenant 13 députés dans son organisation. M. Cloutier en a trois.