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23/04/2015 07:27 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Pékin défend le projet électoral pour Hong Kong, en butte à de vives critiques

Pékin a vigoureusement défendu jeudi la feuille de route définissant le cadre de la prochaine élection du patron de l'exécutif de Hong Kong, qui suscite de vives oppositions dans le camp prodémocrate du territoire comme à l'étranger.

Le projet de réforme électorale avait été dévoilé la veille devant le Conseil législatif (Legco, le Parlement local) de l'ancienne colonie britannique passée dans le giron de la Chine en 1997.

La réforme ne fait aucune concession au camp prodémocratie qui exige un véritable suffrage universel pour l'élection de 2017.

Le plan prévoit que seuls deux ou trois candidats triés sur le volet par un comité pro-Pékin puissent se présenter aux suffrages des électeurs, ce qui garantit, aux yeux du mouvement prodémocratie, l'élection d'un candidat inféodé à la Chine.

La feuille de route "reflète les opinions publiques émanant de tous les segments de la société hongkongaise", "répond aux réalités (du territoire) et s'accorde aux droits et intérêts des résidents", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier.

"C'est une solution viable, rationnelle et pragmatique", a-t-il estimé.

Mercredi soir, le chef du gouvernement de Hong Kong Leung Chun-ying et sa numéro deux Carrie Lam ont été assaillis par les protestataires dans un quartier aisé de Hong Kong.

"Hier, durant la visite, il y avait pas mal de chahuteurs qui n'arrêtaient pas de parler fort et qui ont utilisé des mots peu civilisés pour tenter de noyer les paroles des autres", a déclaré jeudi à la presse C.Y, comme il est connu à Hong Kong.

"Ce n'est pas un comportement démocratique. Nous ne voulons pas que de tels scénarios se reproduisent à chaque visite de district".

Les manifestants ont hué le chef de l'exécutif et ont bloqué son passage en brandissant les parapluies jaunes, emblèmes du mouvement pro-démocrate.

L'ONG Human Rights Watch, basée à New York, a pour sa part fustigé le plan électoral présenté, dénonçant "une farce", "un déni du droit international" et "une trahison des aspirations démocratiques du peuple hongkongais".

Un déluge de protestations que Pékin a rejetées en bloc jeudi après-midi.

"Nous ne pouvons certainement pas être d'accord avec de telles accusations", a affirmé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le territoire jouit actuellement d'un statut à part en vertu du principe "un pays deux systèmes" érigé en vue de sa rétrocession à la Chine en 1997, et qui lui accorde en principe une large autonomie par rapport aux provinces continentales.

Mais certains craignent à Hong Kong que les libertés ne s'estompent au profit d'une influence grandissante de Pékin.

Pour protester contre les restrictions au suffrage universel, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue à l'automne.

L'accord de rétrocession à la Chine stipulait que le socialisme chinois ne serait pas exporté dans ce haut lieu de la finance internationale, rattaché pendant 155 ans à la couronne britannique. Le système économique social et le mode de vie devaient rester inchangés.

"Le gouvernement central soutient avec constance les efforts pour faire avancer le développement démocratique" de Hong Kong, avait assuré le Bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle.

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