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23/04/2015 12:22 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Mort d'un otage italien : "erreur tragique et fatale de nos alliés américains" (Rome)

Le ministère italien des Affaires étrangères a déploré jeudi "une erreur tragique et fatale de nos alliés américains" après la mort de deux otages, dont un Italien, au cours d'une opération américaine en janvier à la frontière pakistano-afghane.

Cependant, la responsabilité de la mort de l'Italien Giovanni Lo Porto et de l'Américain Warren Weinstein "incombe entièrement aux terroristes, contre lesquels nous confirmons l'engagement de l'Italie avec nos alliés", a ajouté la Farnesina dans un communiqué.

Auparavant, le chef du gouvernement Matteo Renzi s'était contenté d'exprimer dans un communiqué sa "profonde douleur pour la mort d'un Italien qui a consacré sa vie au service des autres" et d'adresser ses condoléances aux familles des deux otages.

Giovanni Lo Porto, un Sicilien de 39 ans, avait été enlevé le 19 janvier 2012 au Pakistan où il s'était rendu pour piloter un programme de reconstruction après des inondations et un séisme, en même temps qu'un Allemand, qui a été libéré en octobre 2014 à Kaboul.

C'était "un coopérant généreux et expert (...), il avait travaillé pour les plus faibles dans différents pays", a ajouté le ministère.

Depuis l'enlèvement en janvier 2012, les autorités italiennes "ont fait tous les efforts pour retrouver la trace de Giovanni Lo Porto et essayer de le ramener à ses proches", insiste-t-il.

"Malheureusement", cela s'est conclu de manière "différente à cause de l'erreur tragique et fatale de nos alliés américains, reconnue par le président (Barack) Obama", ajoute le communiqué.

Avec ce décès, il ne reste plus qu'un otage italien dans le monde, le prêtre jésuite Paolo Dall'Oglio, militant du dialogue inter-religieux en Syrie qui a disparu en juillet 2013 à Raqa (nord), fief des jihadistes de l'organisation Etat islamique. Des versions contradictoires circulent sur son sort, certains affirmant qu'il a été exécuté, d'autres qu'il est encore en vie.

Sans se montrer véritablement critique des Américains, la presse italienne rappelait jeudi la mort de Nicola Calipari, un agent secret italien tué en mars 2005 en Irak alors qu'il venait d'obtenir la libération d'une journaliste italienne retenue en otage, Giuliana Sgrena.

Des soldats américains postés à un barrage sur la route menant à l'aéroport avaient ouvert le feu sur la voiture conduisant Mme Sgrena vers l'avion du retour. M. Calipari avait été tué, Mme Sgrena et un autre officier italien blessés.

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