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23/04/2015 00:59 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Milton Keynes et Gloucester, deux villes qui incarnent la croissance à deux vitesses britannique

Les villes de Milton Keynes et Gloucester sont à la fois très proches et très lointaines. Distantes de seulement 120 kilomètres, elles offrent des visages complètement opposés en termes économiques: la première affiche le plus fort taux de création d'emploi du pays, la seconde le plus faible.

Alors que le Premier ministre conservateur David Cameron fait campagne pour les législatives du 7 mai en soulignant son bilan économique -- une croissance de 2,8% en 2014 et un taux de chômage de 5,6% --, les performances contrastées de ces deux villes montrent combien les disparités locales peuvent être énormes tandis que persiste la domination économique traditionnelle du sud-est du pays.

Longtemps moquée pour son supposé caractère maussade et ses étranges sculptures de vaches, Milton Keynes est une ville nouvelle, qui s'est développée à partir d'un village à la fin des années 1960.

Située à une demi-heure en train au nord de Londres, cette agglomération de 250.000 habitants peut se targuer de posséder le plus fort taux de création d'emploi du pays, avec +18,2% entre 2004 et 2013, selon l'index établi par le centre de réflexion Centre for Cities.

Parmi les employeurs installés sur place, on trouve la banque espagnole Santander, le géant automobile allemand Volkswagen ou encore la société Xero, qui fournit des services de comptabilité en ligne aux PME.

Fondée en 2006 en Nouvelle-Zélande, Xero est installée à Milton Keynes dans des bureaux modernes et branchés dont les murs sont couverts de slogans tels que "Faites sourire les gens" ou "Faites de belles choses".

Elle emploie 110 personnes en Grande-Bretagne, en grande majorité des jeunes, et espère atteindre 300 employés dans les prochaines années.

Pour le directeur général de Xero UK, Gary Turner, la situation géographique de Milton Keynes, dans le sud-est de l'Angleterre, est l'une des raisons clefs de son attrait.

"Nous sommes au coeur de l'endroit où se trouve la majorité des entreprises britanniques", explique-t-il, soulignant également la présence dans cette région d'une population fortement qualifiée.

Paul Swinney, économiste du Centre for Cities, souligne aussi que "36% de ses habitants en âge de travailler ont un diplôme".

-'Condamnés au chômage'-

A 120 kilomètres à l'ouest de là, à Gloucester, la situation est bien différente.

Cette jolie cité, dont la cathédrale remonte à 1089, arrive dernière dans l'index du Centre for Cities, le nombre d'emplois y ayant chuté de 12,6% entre 2004 et 2013.

Les jeunes de la ville, située à deux heures en train de Londres, sont pessimistes sur leurs chances de décrocher des emplois intéressants et stables.

"Nous sommes tous condamnés au chômage", dit Jedson Davis, un musicien des rues de 16 ans.

Sophy Gardner, candidate du parti travailliste dans cette circonscription, dénonce une situation où "il y a des emplois mais beaucoup demandent peu de qualifications et sont mal payés. Nous avons beaucoup de commerces, de supermarchés et d'hôtels qui emploient avec des contrats zéro heure (qui ne garantissent ni temps de travail ni salaire, ndlr)".

Richard Graham, son opposant conservateur qui se bat pour sa réélection, rétorque que le chômage des jeunes a baissé de 60% dans la ville depuis 2010 et que le nombre d'apprentis y a plus que doublé.

Selon lui, les statistiques du Centre for Cities sont faussées par le fait que les grands employeurs ont déplacé leurs activités dans une zone industrielle juste à l'extérieur de la circonscription.

Paul Swinney évoque lui "une disponibilité faible de travailleurs qualifiés", qui détourne certaines entreprises de s'y installer, ainsi que des problèmes de transport.

Alors que le résultat des législatives s'annonce très serré entre conservateurs et travaillistes, ce sont des circonscriptions comme Gloucester ou Milton Keynes South, susceptibles de basculer dans un camp comme dans l'autre, qui devraient faire la différence.

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