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23/04/2015 17:24 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Migrants: l'UE va tripler le budget de son opération de sauvetage en Méditerranée

L'Union européenne a décidé jeudi de tripler le budget de son opération de patrouille en mer Triton pour prévenir de nouveaux drames de l'immigration en Méditerranée et d'en appeler aux Nations unies face aux trafiquants d'êtres humains.

L'UE s'est engagée à "renforcer rapidement" les opérations Triton (au large de l'Italie) et Poséidon (au large de la Grèce) en "triplant au moins" le budget de ces opérations en 2015 et 2016, actuellement à trois millions d'euros par mois, pour "augmenter ses possibilités de recherche et secours", selon la déclaration finale.

"Nous voulons agir vite, ce qui signifie tripler les ressources financières" de cette opération, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, à l'issue d'un sommet européen convoqué après le naufrage d'un chalutier qui a fait plus de 700 morts en Méditerranée dimanche.

Le président français François Hollande a par ailleurs annoncé qu'une résolution allait être présentée à l'ONU pour pouvoir détruire les bateaux des trafiquants en mer Méditerranée.

"La décision a été prise de présenter toutes les options pour que les navires puissent être appréhendés, annihilés" avant qu'ils n'embarquent des migrants, a déclaré M. Hollande.

"Cela ne peut se faire que dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité et la France prendra une initiative, avec d'autres", a-t-il ajouté, précisant qu'il allait aborder le sujet vendredi à Erevan avec le président russe Vladimir Poutine, pour surmonter les réticences de Moscou.

Selon le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le Premier ministre britannique David Cameron se joindrait à la France dans la démarche auprès des Nations unies.

Dans cette optique, les dirigeants ont demandé à la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini "de commencer immédiatement les préparatifs en vue d'une possible" mission militaire, selon le texte final. Ceci se fera "naturellement dans le respect des lois internationales et des droits de l'Homme", a assuré le président du Conseil européen, qui représente les 28, Donald Tusk.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a précisé que les dirigeants européens avaient annoncé une hausse de leurs contributions, avec plus de navires qui vont patrouiller en Méditerranée, mais aussi des avions, des hélicoptères et du personnel.

M. Camerone propose d'engager le HMS Bulwark, l'un des plus gros navires de guerre britanniques, ainsi que deux patrouilleurs et trois hélicoptères. L'Allemagne est prête à mettre à disposition deux navires, a annoncé Mme Merkel. La France a également annoncé la mise à disposition de deux navires, et la Belgique d'un.

"Il est important que nous avancions sur tous les éléments pour que, si possible, une telle tragédie ne se reproduise pas", a ajouté la chancelière.

Sur le mandat de Triton, "nous n'avons pas élargi aujourd'hui le champ opérationnel" permettant de sortir des eaux territoriales et d'aller plus près de la Libye. "Mais nous avons sans doute besoin de discuter cela de nouveau", a-t-elle reconnu.

En ce qui concerne l'accueil de réfugiés, Mme Merkel a affirmé que les 28 n'avaient "fixé aucun chiffre parce que nous pensons que 5.000 n'est pas suffisant".

Les pays se sont également entendus pour "soutenir la proposition de la Commission pour tester une répartition des migrants en cas de besoin", a-t-elle ajouté.

"La France prendra sa part" en accueillant "entre 500 et 700 Syriens", a pour sa part assuré M. Hollande. La France avait déjà accueilli 500 réfugiés syriens en 2014.

Enfin l'Union européenne et l'Union africaine vont organiser à Malte un sommet consacré à la question de l'immigration "dans les mois à venir". "Il faut que nous puissions aider les pays africains à contrôler les frontières", a affirmé François Hollande.

Les dirigeants promettent ainsi d'augmenter le soutien de l'UE à l'Egypte, la Tunisie ou encore le Soudan "pour surveiller et contrôler les frontières terrestres et les voies" empruntées par les candidats à l'exil.

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