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23/04/2015 12:38 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Les leaders de l'Union européenne discutent de la crise des migrants

BRUXELLES - Réunis en sommet d'urgence après la mort de centaines des personnes, les leaders de l'Union européenne se sont engagés jeudi à débloquer de nouvelles ressources pour sauver les migrants qui tentent de traverser la mer Méditérranée et ils ont discuté de la destruction des navires qui pourraient être utilisés par les passeurs.«Plus que tout nous devons sauver des vies et prendre les mesures appropriées pour le faire», a dit la chancelière allemande Angela Merkel.Les leaders européens pourraient dépenser deux fois plus d'argent pour sauver des vies, «améliorer les capacités de recherche et de sauvetage» et «entreprendre des efforts systématiques pour repérer, capturer et détruire les navires qui pourraient éventuellement être utilisés par les trafiquants», révèle une ébauche de communiqué préparée en marge du sommet de jeudi et dont l'Associated Press a obtenu copie.Le premier ministre britannique David Cameron a annoncé que son pays contribuera le navire amiral de sa marine, le HMS Bulwark, en plus de trois hélicoptères et deux navires de surveillance des frontières aux efforts de l'UE. «En tant que pays européen ayant le plus important budget de défense nous pouvons y aller d'une contribution réelle», a-t-il dit avant d'ajouter que cela n'inclura pas d'accepter une portion des réfugiés.Des sources militaires allemandes ont confié à l'agence dpa que Berlin offrira de déployer trois navires de guerre autour de l'Italie. La Belgique et l'Irlande se sont aussi engagées à fournir un navire militaire.Des centaines de personnes se sont noyées en tentant de rejoindre illégalement l'Europe au cours des derniers jours. Quelque 800 migrants auraient perdu la vie lors d'un seul incident, ce qui en fait la pire tragédie du genre jamais recensée dans la Méditérannée.L'ébauche de communiqué obtenue par l'Associated Press engagerait les 28 pays membres de l'UE à augmenter leurs capacités de recherche et sauvetage, et à mettre en oeuvre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les navires avant qu'ils ne soient utilisés par les passeurs.«(Il faut) réparer les erreurs du passé» en Libye, a lancé le président français François Hollande.Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a insisté pour que l'Europe ne soit pas la seule à payer pour les pots cassés. «Nous demandons aussi que l'Afrique, la source du problème, assume collectivement ses responsabilités, a-t-il dit. La dernière fois où j'ai vérifié la Libye était en Afrique, pas en Europe.»Le document ajoute que la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, entreprendra immédiatement une opération qui aura probablement une composante militaire.Le responsable de l'immigration au sein de l'UE, Dimitris Avramopoulos, a lancé que l'Europe déclare la guerre aux trafiquants.L'ébauche de communiqué évoque également un projet-pilote qui verrait 5000 places être offertes aux réfugiés ayant besoin d'être protégés. Ces 5000 places ne correspondent toutefois environ qu'à la moitié du nombre de migrants qui sont arrivés en Europe seulement pendant la dernière semaine. Cinq des 28 membres de l'UE accueillent 70 pour cent des réfugiés, ce qui cause certaines tensions au sein de l'Union.Le document propose de réduire à deux mois le temps de traitement d'une demande d'asile, comparativement à un an présentement.Deux agences humanitaires de premier plan, Médecins sans frontières et Amnistie Internationale, réclament un effort multinational de sauvetage pour venir en aide aux milliers de personnes qui fuient la guerre et la pauvreté qui règnent dans des pays comme la Syrie, l'Érythrée et la Somalie.«Les enjeux sont très élevés, a déclaré à l'Associated Press une responsable d'Amnistie en Europe, Iverna McGowan. Littéralement, le nombre d'heures qu'il faut pour agir sera une question de vie ou de mort.»Certains parlementaires s'inquiètent de leur côté de voir les leaders européens perdre de l'intérêt envers la crise des migrants, une fois que l'attention des médias se tournera ailleurs.«Je crains que ce qui se produira (...) est qu'ils vont essayer de diluer certains points et la raison réelle pour laquelle ils se rencontrent (...) — de trouver une solution urgente à ce qui se produit aujourd'hui — ne sera pas au coeur de l'entente», a dit à l'Associated Press la principale parlementaire européenne responsable de l'immigration, Roberta Metsola.L'agence onusienne des réfugiés estime que 219 000 migrants ont traversé la Méditérannée l'an dernier, et qu'au moins 3500 ont perdu la vie. Plus d'un millier auraient déjà tenté la traversée ce mois-ci.