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23/04/2015 07:29 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Les leaders de l'Union européenne discutent de la crise des migrants

BRUXELLES - Les leaders de l'Union européenne pourraient consacrer deux fois plus d'argent au secours des migrants qui tentent de traverser la Méditérranée, en plus de capturer et détruire les navires qui pourraient éventuellement être utilisés par les passeurs, révèle une ébauche de communiqué préparée en marge du sommet de jeudi.Des centaines de personnes se sont noyées en tentant de rejoindre illégalement l'Europe au cours des derniers jours. Quelque 800 migrants auraient perdu la vie lors d'un seul incident, ce qui en fait la pire tragédie du genre jamais recensée dans la Méditérannée.L'ébauche de communiqué obtenue par l'Associated Press engagerait les 28 pays membres de l'UE à augmenter leurs capacités de recherche et sauvetage, et à mettre en oeuvre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les navires avant qu'ils ne soient utilisés par les passeurs.Le document ajoute que la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, entreprendra immédiatement une opération qui aura probablement une composante militaire.Le responsable de l'immigration au sein de l'UE, Dimitris Avramopoulos, a lancé que l'Europe déclare la guerre aux trafiquants.L'ébauche de communiqué évoque également un projet-pilote qui verrait 5000 places être offertes aux réfugiés ayant besoin d'être protégés. Ces 5000 places ne correspondent toutefois environ qu'à la moitié du nombre de migrants qui sont arrivés en Europe seulement pendant la dernière semaine.Le document propose de réduire à deux mois le temps de traitement d'une demande d'asile, comparativement à un an présentement.Deux agences humanitaires de premier plan, Médecins sans frontières et Amnistie Internationale, réclament un effort multinational de sauvetage pour venir en aide aux milliers de personnes qui fuient la guerre et la pauvreté qui règnent dans des pays comme la Syrie, l'Érythrée et la Somalie.«Les enjeux sont très élevés, a déclaré à l'Associated Press une responsable d'Amnistie en Europe, Iverna McGowan. Littéralement, le nombre d'heures qu'il faut pour agir sera une question de vie ou de mort.»Certains parlementaires s'inquiètent de leur côté de voir les leaders européens perdre de l'intérêt envers la crise des migrants, une fois que l'attention des médias se tournera ailleurs.«Je crains que ce qui se produira (...) est qu'ils vont essayer de diluer certains points et la raison réelle pour laquelle ils se rencontrent (...) — de trouver une solution urgente à ce qui se produit aujourd'hui — ne sera pas au coeur de l'entente», a dit à l'Associated Press la principale parlementaire européenne responsable de l'immigration, Roberta Metsola.L'agence onusienne des réfugiés estime que 219 000 migrants ont traversé la Méditérannée l'an dernier, et qu'au moins 3500 ont perdu la vie. Plus d'un millier auraient déjà tenté la traversée ce mois-ci.