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23/04/2015 19:28 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Le président allemand Joachim Gauck reconnaît le génocide arménien

BERLIN - Pour la première fois de l'histoire, un président allemand a qualifié le massacre des Arméniens par les Ottomans de «génocide».À une cérémonie commémorative à Berlin, jeudi, Joachim Gauck a déclaré que le sort des Arméniens faisait partie des «nettoyages ethniques» et des «génocides» que le 20ème siècle a connus.Plus tard, M. Gauck a clairement parlé du «génocide arménien». Il a ajouté qu'il était important de se souvenir de la «destruction planifiée» d'un peuple.Le président a aussi indiqué que l'Allemagne devrait faire elle-même un examen de conscience sur sa responsabilité dans la tragédie, puisque le pays était à l'époque un allié de l'empire ottoman.Le Parlement allemand débattra vendredi d'une motion qui énoncera les termes utilisés par le président. Le gouvernement a appuyé la position de son président après des consultations avec les députés et le bureau de M. Gauck.Les historiens estiment que près de 1,5 million d'Arméniens ont péri dans le massacre perpétré par les Ottomans — empire ancestral de la Turquie — à l'époque de la Première Guerre mondiale.La Turquie refuse de reconnaître le génocide comme tel, arguant que le bilan des morts a été exagéré et que les Arméniens avaient été les victimes d'une guerre civile et d'un soulèvement. Le gouvernement turc a d'ailleurs tenté de convaincre les autres pays de ne pas utiliser le terme «génocide».Le gouvernement allemand n'a jamais reconnu l'événement comme un génocide, mais de plus en plus de députés militaient pour que leur pays pose ce geste. M. Gauck, un ancien pasteur adepte du franc-parler, l'aura finalement fait.La chancelière allemande Angela Merkel dit avoir eu une «bonne conversation» sur cette question, mardi, avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Le premier ministre Davutoglu a offert ses condoléances aux enfants des victimes du massacre, tout en critiquant les autres pays de tenter d'influencer la Turquie quant à cet enjeu.