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23/04/2015 17:46 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Le Nasdaq atteint un record absolu, avec des bases plus solides qu'en 2000

En finissant jeudi au niveau historique de 5.056,06 points, le Nasdaq a dépassé son record atteint il y a quinze ans grâce à la bulle technologique, mais ses bases semblent aujourd'hui bien plus solides, estiment les analystes.

L'indice à dominante technologique a simplement grignoté 0,41% en séance, soit 20,89 points, pour dépasser son précédent record de clôture, qui datait du 10 mars 2000 (5.048,62 points).

"Nous avons enfin vaincu un seuil de résistance", a commenté Peter Cardillo, chez Rockwell Global Capital.

En 2000, ce record avait marqué l'apogée d'une bulle du secteur technologique. Les cours, du fait de la volonté des investisseurs d'y consacrer de l'argent, avaient atteint un niveau trop élevé par rapport à la capacité des entreprises à générer de la valeur.

Face à cette situation déséquilibrée, la bulle avait fini par exploser et l'indice avait fondu de moitié durant les mois suivants, pour finir l'année 2000 sous les 2.500 points et même reculer jusqu'à 1.114,11 points en octobre 2002.

Entretemps, plusieurs emblèmes de cette flambée avaient fait faillite, dont le site Pets.com, spécialiste des produits pour animaux domestiques, ou le revendeur de jouets eToys.com.

Signe que les marchés gardent à l'esprit les excès de cette période, Bob Greifeld, le directeur général de la plate-forme boursière du Nasdaq, avait relativisé la situation actuelle début mars, à l'occasion de la première clôture au-dessus des 5.000 points en quinze ans.

"La +nouvelle économie+ dont on parlait voici quinze ans est vraiment devenue notre économie", déclarait-il à la chaîne d'information financière CNBC.

Symbole le plus frappant de cette évolution: le groupe informatique Apple. Il représente à lui seul un dixième du Nasdaq et a fait son entrée en mars dans l'indice vedette Dow Jones, peu après avoir fait état d'un bénéfice trimestriel sans précédent pour une entreprise cotée à 18 milliards de dollars.

"Les différences sont nombreuses par rapport à 2000", a insisté Michael Stiller, spécialiste du Nasdaq. "La révolution des smartphones est passée par là dans la téléphonie, l'accès à internet est devenu plus important en Chine et en Afrique. Ce n'est tout simplement plus le même tableau".

Plusieurs analystes s'accordent à reconnaître que le purgatoire de quinze ans du Nasdaq lui a permis de se normaliser, jusqu'à représenter aujourd'hui un territoire d'investissements aussi stable que le Dow Jones, qui ne compte que 30 valeurs, ou le S&P 500, plus large et jugé très représentatif de l'ensemble du marché.

- Les biotechs inquiètent -

Ils mettent en avant le meilleur équilibre entre secteurs économiques dans le Nasdaq, qui n'est plus autant dominé par les valeurs technologiques et, surtout, le rapport entre les valorisations boursières des entreprises et leurs bénéfices annuels.

Selon les chiffres de M. Stiller, ce ratio était en moyenne de 20 fin 2014 au sein du Nasdaq, ce qui reste élevé mais n'a rien à voir avec le rapport de 1 à 90 de fin 1999.

"Il ne faut pas se mettre à avoir peur parce que l'on a dépassé les 5.000 points", a jugé Greg Peterson, de Ballentine Partners. "Les groupes du Nasdaq ne sont plus survalorisées comme en 2000".

Mais, tout en estimant que de grands groupes comme Apple --première entreprise américaine à dépasser les 700 milliards de dollars de capitalisation boursière-- sont "raisonnablement valorisés", M. Peterson a reconnu que "le risque de bulles existe pour d'autres groupes. Nous n'en sommes pas là, mais c'est quelque chose à surveiller".

Le secteur des biotechnologies suscite notamment quelques inquiétudes, au moment où la consolidation du secteur pharmaceutique pousse les investisseurs à se tourner vers des laboratoires peu connus du grand public comme Amgen, Biogen ou Gilead. A 150 milliards de dollars, la valorisation de ce dernier dépasse celle du géant français Sanofi.

Mais les préoccupations concernant le niveau élevé du Nasdaq ne diffèrent pas beaucoup de celles suscitées par les autres grands indices de Wall Street, après six ans de hausse.

"Le Dow Jones et le S&P 500 sont eux-mêmes un peu trop haut, même si on ne peut pas parler de bulle", a noté M. Peterson, se disant partisan "d'investir dans le Nasdaq sans en faire un domaine de priorité".

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