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23/04/2015 04:07 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Le Japon honore le "médecin des bébés-bulles" Alain Fischer

Le "médecin des bébés-bulles", le Français Alain Fischer, a reçu jeudi à Tokyo le plus prestigieux prix scientifique national, le Japan Prize, pour ses travaux dans le domaine des thérapies géniques qui, selon l'intéressé, font de grands progrès.

Distinction assortie de 50 millions de yens (390.000 euros) remise annuellement dans des catégories scientifiques différentes, le Japan Prize a déjà honoré le physicien Français Albert Fert en 2007, juste avant que ne lui soit aussi décerné le prix Nobel.

Dans un entretien avec l'AFP avant la remise du prix, M. Fischer s'est dit "très honoré de cette reconnaissance", notant "les avancées des thérapies géniques qui acquièrent une certaine maturité", entre autres grâce aux travaux menés avec ses partenaires chercheuses depuis une vingtaine d'années, Marina Cavazzana et Salima Hacein-Bey-Abina.

"La thérapie génique est un des traitements les plus avancés et révolutionnaires du 21e siècle pour les maladies génétiques et réfractaires", a salué le comité de scientifiques japonais qui lui a offert ce prix en même temps qu'à son "éminent confrère" américain Theodore Friedman.

"Ces dernières années, l'efficacité clinique de la thérapie sur diverses maladies réfractaires et mortelles est de plus en plus remarquée", a insisté le jury.

L'équipe du professeur Fischer avait annoncé en 2000 le premier succès de thérapie génique obtenu sur quatre enfants obligés de vivre dans un environnement totalement stérile, sous peine de succomber à une infection, d'où le surnom de "bébés-bulles".

Cette approche, alors inédite en pédiatrie, a été améliorée ensuite puis développée pour d'autres maladies génétiques.

"L'efficacité de la thérapie génique a pu dépasser la transplantation traditionnelle de cellules hématopoïétiques souches", précisent encore les scientifiques du Japan Prize.

Et d'ajouter, ce qui apparaît comme le plus important, "en plus de ces cas de réussite, la thérapie génique permet désormais à des enfants initialement atteints de déficit immunitaire de vivre une vie normale".

Alain Fischer est directeur de l'Institut Imagine depuis 2007 et professeur titulaire de la chaire de médecine expérimentale au Collège de France depuis 2014. Il a par ailleurs dirigé le service d'immunologie et d'hématologie de l'hôpital Necker à Paris de 1996 à 2012. Il est l'auteur de quelque 600 publications scientifiques depuis 1978.

kap/agr/ros