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23/04/2015 08:48 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Le conflit au Yémen est une menace pour la Somalie, selon le PM somalien

Le conflit au Yémen représente une menace pour l'économie et la sécurité en Somalie, a averti jeudi le Premier ministre somalien, estimant que le pays devait faire face à l'afflux de réfugiés et que les islamistes shebab, liés à Al-Qaïda au Yémen, pourraient tirer profit des combats.

"Notre économie ne peut supporter cet afflux de réfugiés" venus du Yémen, a déclaré à l'AFP Omar Abdirashid Ali Sharmake, en visite à Nairobi. Parmi ces réfugiés figurent des Yéménites mais aussi des Somaliens qui avaient fui au Yémen la guerre civile débutée en 1991 dans leur pays.

Plus de 2.000 réfugiés ont traversé le golfe d'Aden et accosté jusqu'à présent sur les côtes du Somaliland - région septentrionale ayant fait sécession de la Somalie en 1991 - et de la région autonome du Puntland (nord-est), selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) qui évoque la possible arrivée de 100.000 personnes dans les six mois.

"Nous avons besoin d'aide pour loger ces réfugiés", a poursuivi M. Sharmarke.

Selon le Premier ministre, Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA), la franchise yéménite de la nébuleuse fondée par Oussama ben Laden qui a des liens étroits avec les shebab, a profité du conflit pour renforcer ses positions au Yémen, ce qui pourrait bénéficier aux islamistes somaliens.

"Les shebab ne sont pas un problème local, mais régional", a rappelé M. Sharmake.

Défait sur le terrain militaire en Somalie par l'Amisom, la Force de l'Union africaine qui les a chassés de Mogadiscio et de l'essentiel de leurs bastions depuis août 2011, les shebab multiplient les attentats en Somalie, mais aussi au Kenya voisin.

Plus de 400 personnes ont été tuées au Kenya dans des attaques revendiquées par les shebab ou qui leur ont été attribuées depuis le spectaculaire assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013. Les islamistes somaliens ont ainsi revendiqué le massacre commis le 2 avril à l'université de Garissa, dans l'est kényan (148 morts dont 142 étudiants).

Omar Abdirashid Ali Sharmarke, qui dispose de la double nationalité somalienne et canadienne, a été nommé à la tête du gouvernement somalien en décembre, à la suite d'une motion de défiance contre son prédécesseur Abdiweli Cheikh Ahmed.

M. Sharmake a déjà occupé le poste de Premier ministre de Somalie, à la tête du gouvernement intérimaire entre 2009 et 2010.

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