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23/04/2015 03:02 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

La reprise en zone euro est là, mais "il faut transformer l'essai" (Coeuré - BCE)

La reprise en zone euro est "clairement là", mais les gouvernements de la région doivent davantage contribuer à "transformer l'essai", a déclaré dans un entretien à l'AFP, un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

"La reprise dans la zone euro est clairement là. La croissance revient, tous les indicateurs de confiance des entreprises et des ménages sont orientés à la hausse", a dit Benoît Coeuré, au siège de la BCE à Francfort (ouest).

Mais cette reprise "demeure insuffisante et assez inégale", tempère le banquier central, faisant part d'une "inquiétude" : que "la reprise actuelle ne soit qu'une reprise cyclique, ou en bon français qu'elle ne soit qu'un feu de paille".

Pour soutenir ce redémarrage de l'activité et faire repartir les prix, la BCE rachète de la dette publique et privée à grande échelle. Elle veut acquérir plus de 1.000 milliards d'euros de titres d'ici septembre 2016.

Conjugée à la baisse de l'euro et du prix du pétrole, cette politique "injecte beaucoup de carburant" dans l'économie, mais ces facteurs "ne sont que transitoires", juge le Français.

- Transformer l'essai -

"Il est extrêmement important de transformer l'essai, de manière que ce soit la croissance de long terme qui prenne le relais. Cela passe par des réformes des marchés du travail et plus généralement par un climat des affaires plus favorable à l'investissement", a-t-il poursuivi.

Pour Benoît Coeuré, dont le nom est cité pour succéder à Christian Noyer à la tête de la Banque de France, "le test, ce sera la reprise de l'investissement cette année en Europe". Pour cela, "il faut des conditions financières favorables. Cela, on s'en occupe (...), mais il faut aussi que les gens aient des projets et qu'ils aient envie de faire des affaires. Cela, c'est aux gouvernements de s'en occuper".

Pas question pour la banque centrale de songer à ralentir le rythme du "QE", acronyme désignant les rachats de dette, souligne notamment M. Coeuré.

"C'est une discussion qu'on aura peut-être plus tard", a reconnu le banquer central, mais à ce stade, "cela se passe très bien dans tous les pays de la zone euro et la réaction des marchés financiers est exactement celle qui était souhaitée", à savoir une baisse des coûts de financement.

"Le QE avec son effet sur les taux sera un accélérateur de reprise. Nous en sommes maintenant convaincus", affirme M. Coeuré.

- 'Beaucoup de travail' sur la Grèce -

M. Coeuré estime en revanche qu'"il reste beaucoup de travail" sur la Grèce. Toutefois un "Grexit", une sortie du pays du bloc monétaire, "n'est pas une hypothèse de travail" pour la BCE.

"La très grande majorité de la population grecque souhaite rester dans la zone euro. C'est au gouvernement grec de prendre les dispositions nécessaires pour que cela soit possible", plaide le banquier central.

Athènes doit faire valider par ses partenaires une liste de réformes afin de toucher des aides financières cruciales pour se maintenir à flot. Mais les négociations avec les institutions qui supervisent son programme d'aide (BCE, Fonds monétaire international, Commission européenne) "ont été difficiles, elles ont été lentes", explique M. Coeuré, et "il reste de grands désaccords (...) sur un certain nombre de sujets", précise M. Coeuré.

"Le processus est sur les rails, nous avons de bonnes discussions, mais il y a un facteur de préoccupation qui est que les discussions avancent lentement et que la Grèce a de moins en moins de temps pour trouver une solution", estime-t-il, alors que les ministres des Finances de la zone euro évoqueront le sujet vendredi à Riga.

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