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23/04/2015 09:49 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

L'Europe réunie pour endiguer la crise des migrants

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour un conseil européen extraordinaire consacré à la crise des migrants en Méditerranée.

Les chefs d'État et de gouvernement devraient réviser en profondeur l'opération Triton, une mission de surveillance navale des frontières qui a succédé à la fin de l'année dernière à l'opération Mare Nostrum conduite par la Marine italienne.

Un plan entériné lundi par les ministres européens à Luxembourg prévoit aussi de lutter contre les réseaux de passeurs, et il appelle l'UE à capturer et à détruire systématiquement les navires utilisés par les trafiquants qui monnaient les traversées vers les rivages européens de la Méditerranée.

« Nous savons où sont les bateaux, nous savons où les passeurs réunissent ces personnes qui fuient », a dit la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, sur la chaîne de télévision transalpine SkyTG24.

Des responsables européens ont dressé un parallèle avec les opérations menées contre les pirates somaliens.

« Nous sommes déterminés à détruire leur modèle économique », a dit un responsable. Et il a expliqué que les États pourront réaliser des opérations chirurgicales fondées sur du renseignement une fois que les questions légales auront été réglées, par exemple par un mandat de l'ONU.

« Nous ne parlons pas de guerre, a-t-il mentionné. Personne ne parle de mettre un pied sur le terrain ».

Les 28 examineront également un projet-pilote consistant à accueillir 5000 Syriens, répartis de façon équitable dans l'ensemble des pays membres.

2015, une année particulièrement meurtrière

Depuis le début de l'année, l'ONU estime que 35 000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée pour fuir la pauvreté, la misère, les violences et les guerres. La plupart sont partis des côtes libyennes.

Après le naufrage tragique d'un chalutier le week-end dernier, qui a fait jusqu'à 900 morts, ils seraient désormais près de 1800 à avoir péri lors de leur traversée depuis le début de l'année.

Au 21 avril 2014, le bilan était plus de 30 fois inférieur, à 56 morts selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). Fin 2014, il y avait eu au total 3400 morts en Méditerranée, le rythme des traversées s'accélérant avec l'arrivée de l'été.

Le drame de dimanche a suscité l'émoi et l'indignation. Il a également placé l'Union européenne sous le feu des critiques. Des ONG, mais aussi le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, ont fustigé les politiques migratoires « cyniques » qui transforment la Méditerranée en un immense cimetière maritime.

« Il aura fallu attendre les 3400 morts de l'année dernière et les 1000 morts de cette semaine pour qu'enfin un véritable sommet soit convoqué à Bruxelles », a déclaré mercredi à Paris la présidente d'Amnistie internationale France, Geneviève Garrigos.