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23/04/2015 16:40 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Indonésie/drogue: l'UE "totalement opposée" à la peine de mort (Tusk)

L'Union européenne s'en est prise jeudi à l'Indonésie, qui s'apprête à exécuter des étrangers, dont le Français Serge Atlaoui, pour trafic de drogue, en se disant "totalement opposée" à la peine de mort.

"L'Union européenne est totalement opposée à la peine de mort. Cela ne peut pas être une réponse au trafic de drogue", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue d'un sommet européen. "Je fais référence à M. Atlaoui, le citoyen français qui a été condamné par les autorités indonésiennes", a-t-il ajouté.

Jakarta a annoncé jeudi avoir donné l'ordre de préparer les exécutions de dix condamnés à mort pour trafic de drogue, principalement des étrangers, dont ce Français emprisonné depuis dix ans.

Accusé de trafic de drogue, Serge Atlaoui, artisan soudeur de 51 ans originaire de la région de Metz (nord-est de la France) et père de quatre enfants, risque d'être fusillé prochainement et pourrait être le premier Français à être exécuté depuis près de 40 ans.

Il a toujours clamé son innocence, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, qui abritait en réalité une fabrique clandestine d'ecstasy.

Lundi, sa famille a imploré le président français François Hollande et l'Union européenne de "mettre tout en oeuvre" pour le sauver et appelé à une "mobilisation citoyenne" en France.

Après avoir vainement demandé la clémence pour Serge Atlaoui, condamné à mort à Jakarta, la France a vivement dénoncé jeudi les "graves dysfonctionnements" de la justice indonésienne, dans une lettre adressée par le chef de la diplomatie française Laurent Fabius à son homologue indonésien.

"Nous reconnaissons que l'Indonésie doit affronter un problème de (trafic de) drogue grandissant, mais l'expérience dans d'autres pays montre que la peine capitale n'est pas la bonne réponse", a souligné jeudi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Elle a déploré "la perspective regrettable de nouvelles exécutions".

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