NOUVELLES
23/04/2015 07:16 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Incendie de l'ambassade du Bénin au Gabon: un dirigeant de l'opposition interpellé

Un dirigeant de l'opposition gabonaise, Gérard Ella Nguema, a été interpellé jeudi à son domicile de Libreville "dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de l'ambassade du Bénin", a déclaré à l'AFP le ministre gabonais de l'Intérieur Guy-Bertrand Mapangou.

Des manifestants avaient mis le feu le 12 avril à l'ambassade après le décès de la figure de l'opposition André Mba Obame, 57 ans.

Gérard Ella Nguema, secrétaire exécutif adjoint de l'Union nationale (UN, dont M. Mba Obame était le secrétaire exécutif) a été "cité nommément", selon le ministre, par un individu qui a accusé les dirigeants de l'UN d'être à l'origine de l'incendie de l'ambassade et dont les déclarations ont été diffusées à la télévision publique mardi soir.

Dans cette vidéo, cet individu affirme avoir assisté à une réunion au cours de laquelle des membres de l'UN ont dit avoir participé à l'incendie: "Ils ont brûlé l'ambassade, ils l'ont dit", a-t-il affirmé, assurant qu'on lui avait aussi proposé 200.000 FCA (300 euros) pour brûler le tribunal.

Dans une déclaration à la presse mercredi, l'UN avait dénoncé ces "accusations calomnieuses (...) d'un parfait inconnu dont les déclarations sont décousues et incohérentes".

"Cette opération est un montage et un grossier mensonge. Elle a été faite dans le but de préparer l'opinion et justifier l'arrestation imminente" de personnalités dont M. Ella Nguema, avait accusé l'UN.

Deux autres militantes de cette formation politique sont entendues depuis samedi par la police judiciaire dans le cadre de l'enquête.

L'UN a nié à plusieurs reprises toute implication dans l'incendie.

Décédé le 12 avril, André Mba Obame, ex-baron du régime passé dans l'opposition, avait contesté la victoire en 2009 à la présidentielle d'Ali Bongo Ondimba et s'était proclamé vainqueur du scrutin, provoquant un bras de fer avec le pouvoir.

Par la suite, l'opposant était tombé malade et une partie de ses partisans avait accusé le régime de l'avoir empoisonné, visant particulièrement le directeur de cabinet du chef de l'Etat, Maixent Accrombessi, d'origine béninoise et naturalisé gabonais.

pgf/jlb/hba