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23/04/2015 02:38 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Hong Kong: le chef de l'exécutif dénonce les manières de l'opposition

Le chef du gouvernement de Hong Kong a accusé ses détracteurs jeudi de manquer de manières après avoir été hué au moment où il tentait de défendre la feuille de route inspirée par Pékin pour la prochaine élection du patron de l'exécutif.

Le projet de réforme électorale avait été dévoilé la veille devant le Conseil législatif (Legco, le Parlement local) de l'ancienne colonie britannique passée dans le giron de la Chine en 1997.

La réforme ne fait aucune concession au camp prodémocratie qui exige un véritable suffrage universel pour l'élection de 2017. Le plan prévoit que seuls deux ou trois candidats triés sur le volet par un comité pro-Pékin puissent se présenter aux suffrages des électeurs, ce qui garantit, aux yeux du mouvement prodémocratie, l'élection d'un candidat inféodé à la Chine.

Le gouvernement a lancé une campagne pour faire la promotion de cette proposition mais mercredi soir, le chef du gouvernement Leung Chun-ying et sa numéro deux Carrie Lam ont été assaillis par les protestataires dans un quartier aisé de Hong Kong.

"Hier, durant la visite, il y avait pas mal de chahuteurs qui n'arrêtaient pas de parler fort et qui ont utilisé des mots peu civilisés pour tenter de noyer les paroles des autres", a dit jeudi à la presse C.Y comme il est connu à Hong Kong. "Ce n'est pas un comportement démocratique. Nous ne voulons pas que de tels scénarios se reproduisent à chaque visite de district".

Les manifestants ont hué le chef de l'exécutif et ont bloqué son passage en brandissant les parapluies jaunes qui symbolisent le mouvement.

Le territoire jouit actuellement d'un statut à part en vertu du principe "un pays deux systèmes" érigé en vue de sa rétrocession à la Chine en 1997, et qui lui accorde en principe une large autonomie par rapport aux provinces continentales. Mais certains craignent à Hong Kong que les libertés ne s'estompent au profit d'une influence grandissante de Pékin.

Pour protester contre les restrictions au suffrage universel, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue à l'automne. Des quartiers entiers de ce haut lieu de la finance internationale avaient été occupés avant le démantèlement des campements en décembre.

Le projet présenté mercredi a été condamné par le camp prodémocratie ainsi que par l'organisation Human Rights Watch qui a parlé de "trahison".

L'accord de rétrocession à la Chine stipulait que le socialisme chinois ne serait pas exporté dans la région rattachée pendant 155 ans à la couronne britannique. Le système économique social et le mode de vie devaient rester inchangés.

Le projet de réforme "est légal, réalisable, rationnel et pratique", a dit le Bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle. "Le gouvernement central soutient avec constance les efforts pour faire avancer le développement démocratique" de Hong Kong, a-t-il ajouté.

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