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23/04/2015 16:10 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Guinée: un partisan de l'opposition tué à coups de matraque (source hospitalière et témoins)

Un partisan de l'opposition guinéenne a été tué jeudi à coups de matraque et quatre blessés par les forces de l'ordre qui tentaient d'empêcher une manifestation à Labé, fief de l'opposition dans le centre-nord du pays, ont affirmé une source hospitalière et des témoins.

Le gouvernement a pour sa part confirmé dans un communiqué le "décès d'Ousmane Bah, 28 ans et apprenti maçon, dans des circonstances difficiles à déterminer", affirmant qu'il aurait trouvé la mort après avoir reçu "un projectile au niveau des cervicales".

Le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une enquête, précisant que le calme est revenu à Labé dans l'après-midi.

Ousmane Bah, "la victime, a été battue à coups de matraque par les forces de l'ordre", avait auparavant déclaré à l'AFP la source hospitalière sous le couvert de l'anonymat.

Le corps a été conduit à la morgue de l'hôpital régional par les manifestants aux cris de "Allahou akbar" (Dieu est le plus grand) et "Mort aux dictateurs", selon des témoins.

Le climat était très tendu entre manifestants et forces de l'ordre en début d'après-midi dans la ville, fief du chef de file de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, où le marché central et les écoles étaient fermés, ainsi que des stations-service.

A Conakry, le porte-parole de l'opposition Aboubacar Sylla a confirmé "un mort à Labé, des suites de bastonnade".

Les forces de l'ordre qui barraient au moyen de véhicules l'accès aux domiciles de deux dirigeants de l'opposition, les anciens Premiers ministres Diallo et Sidya Touré, ont fait usage de gaz lacrymogènes pour empêcher une délégation conduite par M. Diallo d'en sortir, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ces responsables de l'opposition, qui venaient d'annoncer leur intention d'aller apporter leur soutien à leurs militants jugés pour ces manifestations interdites, ont alors rebroussé chemin, peu avant 15H00 (locales et GMT).

"J'ai appris qu'ils (les policiers) ont barricadé toutes les issues, seuls ceux qui veulent rentrer peuvent le faire, mais pour sortir c'est non", avait auparavant déclaré à l'AFP Cellou Dalein Diallo.

"Les forces de l'ordre ont érigé des barricades en plaçant plusieurs de leurs véhicules aux entrées et sorties de mon domicile, toutes les ruelles qui mènent chez moi sont barricadées", a affirmé à l'AFP M. Touré.

"C'est la preuve que nous sommes dans un état de siège ici en Guinée, on bastonne les militants par-ci, on tue les autres par-là", a-t-il ajouté.

A Kindia, à 130 km à l'est de Conakry, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont fait deux blessés, un gendarme et un manifestant, selon des journalistes sur place.

Fodé Oussou Fofana, le vice-président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG), le principal parti d'opposition, dirigé par M. Diallo, a fait état de plusieurs dizaines d'arrestations dans les rangs de l'opposition à Kindia, une information confirmée de source sécuritaire.

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