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23/04/2015 04:28 EDT | Actualisé 24/04/2015 04:28 EDT

Films à l'affiche le 24 avril 2015: «Éternelle Adaline»... (PHOTOS)

Mediafilm.ca

Née en 1908 à San Francisco, Adaline, mère de famille de 29 ans devenue veuve, subit un grave accident de voiture, juste au moment où la foudre frappe. Dès cet instant, elle cesse de vieillir. Pendant huit décennies, sa jeunesse éternelle la force à changer constamment d'identité et à mener une vie solitaire. Craignant toujours de révéler sa curieuse condition, Adaline préfère fuir sans explications les hommes qui tentent de la séduire. À découvrir dans Éternelle Adaline.

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine - 24 avril 2015 Voyez les images

AURELIE LAFLAMME - LES PIEDS SUR TERRE

Canada. 2015. 113 min.

Comédie dramatique de Nicolas Monette avec Marianne Verville, Lou-Pascal Tremblay, Édith Cochrane, Geneviève Chartrand, David La Haye, Aliocha Schneider, Pier-Luc Funk, Hubert Lavallée Bellefleur, Stéphane Gagnon.

Aurélie Laflamme amorce son secondaire V avec optimisme. Ses amours avec Nicolas la comblent, sa complicité avec sa meilleure amie Kat ne se dément pas et sa transition vers l'école publique se déroule sans heurts. Ou presque. Son professeur de français, qui perçoit en elle un potentiel d'écrivaine, lui met la pression. Et à la maison, Aurélie, qui n'a pas encore fait le deuil de son père, a des rapports tendus avec le nouveau conjoint de sa mère France. Laquelle montre des signes inquiétants depuis un certain temps: impatience, bouffées de chaleur, distractions, etc. Pour l'adolescente, il n'y a aucun doute: c'est la ménopause. Erreur. France est enceinte, mais n'ose pas l'avouer à sa fille. Entretemps, Aurélie est larguée par Nicolas, jaloux de son amitié privilégiée avec Tommy, un nouveau membre de sa bande. Après une période de déprime, la jeune fille se rend à une fête, où un garçon du cégep lui tombe dans l'oeil. Mais par maladresse, elle se ridiculise devant lui. Ne renonçant pas à le séduire, elle s'invente une soeur jumelle.

Plus dense que LE JOURNAL D'AURÉLIE LAFLAMME, ce deuxième épisode est en revanche moins convaincant. Une sous-intrigue (la fausse soeur jumelle) ne mène nulle part. Certains échanges mère-fille sonnent faux. Le volet sentimental apparaît téléphoné. La réalisation ne se distingue qu'à l'occasion d'un joli flash fantaisiste, et Marianne Verville surjoue.

DIOR ET MOI

France. 2015. 90 min.

Documentaire de Frédéric Tcheng.

Les coulisses de la maison de haute couture Christian Dior, durant les préparatifs du défilé de la première collection créée par Raf Simons, le nouveau directeur artistique de la vénérable institution.

ÉTERNELLE ADALINE

États-Unis. 2015. 114 min.

Drame sentimental de Lee Toland Krieger avec Blake Lively, Michiel Huisman, Harrison Ford, Ellen Burstyn, Amanda Crew, Kathy Baker.

Née en 1908 à San Francisco, Adaline, mère de famille de 29 ans devenue veuve, subit un grave accident de voiture, juste au moment où la foudre frappe. Dès cet instant, elle cesse de vieillir. Pendant huit décennies, sa jeunesse éternelle la force à changer constamment d'identité et à mener une vie solitaire. Craignant toujours de révéler sa curieuse condition, Adaline préfère fuir sans explications les hommes qui tentent de la séduire. Lors du réveillon du Nouvel An dans un chic hôtel de la ville, Ellis, un charmant philanthrope, lui fait une cour effrénée. Après quelques hésitations, Adaline accepte de le revoir, poussant même l'audace jusqu'à rencontrer ses parents. Cette escapade, qui s'annonçait sans lendemain, va bouleverser son existence.

Le thème de l'éternelle jeunesse constitue la seule particularité de cette romance prévisible et conventionnelle, néanmoins mise en scène avec souplesse et élégance par Lee Toland Krieger (CELESTE AND JESSE FOREVER). Blake Lively (SAVAGES) domine une distribution qui demeure sobre et juste, même dans les situations incongrues imposées par la prémisse fantaisiste.

THE FORGER

États-Unis. 2015. 96 min.

Thriller de Philip Martin avec John Travolta, Tye Sheridan, Christopher Plummer, Jennifer Ehle, Abigail Spencer, Marcus Thomas.

Afin de sortir rapidement de prison, Ray, un faussaire renommé, passe un accord avec Tommy Keegan, un escroc ayant de l'influence auprès des juges: en échange de sa libération, il s'engage à mettre ses talents à sa disposition. Une fois de l'autre côté des barreaux, Ray s'empresse de retrouver son fils William, atteint d'un cancer incurable. Alors qu'il peine à regagner la confiance de celui-ci, le faussaire apprend qu'il devra, pour payer sa dette envers Keegan, profiter d'une exposition prochaine pour dérober un célèbre tableau de Monet et le remplacer par une reproduction de son cru. Déchiré entre la nécessité de tremper de nouveau dans le crime et le désir de se racheter aux yeux de William, Ray décide d'impliquer ce dernier dans les préparatifs du vol.

Ce thriller ankylosé et ennuyeux développe mal sa prémisse (le criminel sur le retour en quête de rédemption), déjà surexploitée au cinéma. Les dialogues laborieux ne sont d'aucun secours à John Travolta qui, à court d'inspiration, a posé une barbichette ridicule sur son masque de cire.

LA FRENCH

France. 2014. 135 min.

Drame policier de Cédric Jimenez avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Céline Sallette, Mélanie Doutey, Benoît Magimel, Guillaume Gouix.

Marseille, 1975. Juge des mineurs, Pierre Michel, originaire de Metz, est désormais installé dans la cité phocéenne avec sa femme et ses deux filles. Efficace et ambitieux, le magistrat est rapidement nommé juge du grand banditisme par le procureur. Mais il aura fort à faire. Car Marseille, plaque tournante du trafic d'héroïne mondial, en particulier vers New York, est tenue d'une main de fer par la French Connection dirigée par le redoutable Gaëtan Zampa. Entre les deux hommes s'engage rapidement une véritable guerre des nerfs, le premier usant de méthodes de plus en plus radicales et parfois à la limite de la légalité, le second étant protégé par une loi du silence inébranlable et sans pitié. Mais alors que Zampa subit l'assaut vengeur d'un de ses rivaux, le juge Michel découvre que la brigade policière avec laquelle il travaille serait elle aussi noyautée par la tentaculaire organisation mafieuse.

S'inspirant librement de faits réels, Cédric Jimenez signe un polar aux accents tragiques enlevant. Porté par un fétichisme de mise en scène jubilatoire, évoquant le cinéma des années 1970, son film souffre néanmoins d'un abus de musique et d'effets anachroniques. Dans les rôles principaux, Gilles Lellouche s'avère plus convaincant que Jean Dujardin.

LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

France. 2015. 96 min.

Drame de moeurs de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Mélodie Valemberg, Vincent Lacoste.

Paris, 1900. Sous la contrainte, Célestine, une jeune fille fière et d'une grande beauté, accepte une place de femme de chambre en Normandie, dans la résidence des Lanlaire. Aussitôt arrivée, la dure réalité liée à sa condition la rattrape: son maître à la main baladeuse veut l'avoir dans son lit, tandis que la mesquine maîtresse de maison la soumet à tous ses caprices en la douchant d'insultes. Alors que remontent à sa mémoire les expériences de travail qu'elle a vécues dans le passé, Célestine trouve peu à peu son équilibre et accueille avec curiosité les confidences des domestiques de la région, ainsi que celles de la cuisinière de sa propre maison. Joseph, le jardinier secret et mutique, observe attentivement ses allées et venues. Attirée par lui, Célestine en vient toutefois à le soupçonner lorsqu'une fillette du voisinage est retrouvée violée et assassinée.

À contre-courant des adaptations libres que Jean Renoir et Luis Bunuel ont tirées du roman éponyme d'Octave Mirbeau paru en 1900, Benoît Jacquot (VILLA AMALIA, 3 COEURS) est retourné au texte original pour en livrer une relecture fidèle, étonnamment parlante et actuelle. Le film bien photographié profite des compositions sensibles de Léa Seydoux et Vincent Lindon.

MR. KAPLAN

Uruguay. 2014. 98 min.

Comédie dramatique de Alvaro Brechner avec Hector Noguera, Nestor Guzzini, Rolf Becker, Nuria Flo, Nidia Telles, Leonor Svarcas, Gustavo Saffores.

Uruguay, 1997. Jacob Kaplan, Juif polonais ayant fui l'Europe peu avant la guerre, s'ennuie ferme auprès de son épouse Rebecca. Pire, il a le sentiment de n'avoir rien fait de significatif dans sa vie. Privé de permis de conduire en raison de ses manoeuvres erratiques au volant, l'homme de 76 ans se fait imposer par son fils aîné un chauffeur personnel. Il s'agit de Wilson, un ex-policier dont la femme et les cinq enfants habitent chez son beau-frère, un inspecteur corrompu responsable de tous ses malheurs. Alcoolique et bedonnant, le maladroit Wilson se laisse convaincre de participer au plan extravagant de son client: capturer un restaurateur allemand octogénaire soupçonné d'être un criminel de guerre nazi, et le transporter jusqu'en Israël à bord d'un petit bateau. Inspiré de la capture d'Adolf Eichmann par le Mossad à Buenos Aires en 1960, le projet improvisé de Jacob connaît de sérieux ratés.

Portée par les performances du digne Hector Noguera et du rigolo et attendrissant Nestor Guzzini, cette comédie douce-amère offre une touchante réflexion sur la vieillesse, les blessures du passé et l'importance de laisser sa marque. Toutefois, le film manque un peu de folie dans ses passages plus loufoques.

THE SALVATION

Danemark. 2014. 92 min.

Western de Kristian Levring avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Mikael Persbrandt, Jonathan Pryce, Éric Cantona.

Far West, 1870. Jon, honnête colon danois, accueille à la gare sa femme et son fils, qu'il n'a pas vus depuis sept ans. Tous trois prennent place dans une diligence où se trouve déjà un couple mexicain, bientôt renvoyé par le cocher pour faire place à deux hommes d'allure peu recommandable. Projeté hors du véhicule en marche par ces truands, Jon retrouve plus tard les cadavres de son fils et de sa femme, qui a également été violée. Après avoir abattu les deux assassins sur les lieux du crime, le Danois retourne chez lui enterrer les siens. En apprenant le meurtre de son frère et de son complice, Delarue, le chef des hors-la-loi, menace de tuer des habitants de la petite communauté lâche et corrompue où le Danois habite, si on ne lui livre pas le coupable dans les prochaines heures. Alors qu'il se croyait seul à affronter les bandits, Jon, dénoncé par la passagère mexicaine, obtient l'aide de Madelaine, la belle-soeur muette de Delarue.

Avec son récit de vengeance schématique et ses personnages stéréotypés, cette production danoise ne réinvente pas le western. Néanmoins, elle le célèbre avec éclat par sa mise en scène ample et sa photographie soignée. Dans un rôle taillé sur mesure pour lui, voisin de celui qu'il campait dans MICHAEL KOHLHAAS, Mads Mikkelsen s'avère une fois de plus solide.

LE SEL DE LA TERRE

Brésil. 2014. 110 min.

Documentaire de Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wenders.

Depuis les ouvriers miséreux de la mine d'or de Cerra Perada, au Brésil, jusqu'aux membres fiers de la tribu Yali, au fin fond de l'Indonésie, le photographe Sebastiao Salgado a documenté l'humanité sous toutes ses facettes. Au sacrifice d'une brillante carrière d'économiste à laquelle cet enfant de Sao Paulo était promis, Salgado a pris les chemins les moins fréquentés pour composer, à travers ses images, le visage d'une planète en constante mutation. Mais en 1994, le génocide au Rwanda l'a détourné de la compagnie des hommes. Depuis, une nouvelle envie s'est imposée à lui: celle de filmer la nature, dans ce qu'elle a de plus beau, de mieux préservé, afin de transmettre au monde, à travers ses images, le goût de la paix et des paradis perdus.

Davantage qu'un bilan biographique, cet excellent film brosse le portrait lumineux d'un homme et de son expérience du monde, à travers les regards croisés de son fils Juliano et de l'Allemand Wim Wenders (PARIS, TEXAS). Les voix off de l'un et de l'autre s'additionnent pour livrer une image à la fois nette et incandescente de celui qui a tout vu, et en est revenu.

THE WATER DIVINER

Australie. 2015. 111 min.

Drame de Russell Crowe avec Russell Crowe, Yilmaz Erdogan, Olga Kurylenko, Dylan Georgiades, Jai Courtney, Steve Bastoni, Cem Yilmaz, Jacqueline McKenzie, Ryan Corr.

Australie, 1919. Ébranlé par le suicide de sa femme, rendue folle de chagrin par l'absence de leurs trois fils portés disparus lors de la bataille de Gallipoli, le sourcier Joshua Connor part pour la Turquie, avec la ferme intention de retrouver et récupérer les corps des jeunes hommes. À son arrivée à Istanbul, l'Australien se fait dérober son sac par un gamin rusé, qui le conduit dans une auberge tenue par sa mère, la jeune Ayshe. Or, celle-ci refuse l'hospitalité à cet étranger provenant d'un pays ennemi. Mais elle est vite ramenée à la raison par le pragmatique propriétaire de l'établissement, frère de son mari disparu et aspirant nouvel époux. Après avoir compris les motifs du fermier australien, Ayshe l'aide à se rendre à Gallipoli, malgré l'interdiction des autorités britanniques, qui administrent cette portion instable de l'ex-empire ottoman où se multiplient les escarmouches entre les forces nationalistes et les envahisseurs grecs. À Gallipoli, où un colonel anglais dirige une opération conjointe de recherche et d'inhumation des cadavres des soldats alliés, Joshua trouve un allié inespéré en la personne d'un major turc.

Commémorant le centenaire de la sanglante bataille par le biais d'une anecdote historique, les scénaristes ont concocté un divertissement efficace, dans la tradition hollywoodienne, où se mélangent drame de guerre, aventures, romance et étude de moeurs. Très investi dans le rôle-titre, Russell Crowe signe en outre une première réalisation robuste et soignée.