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23/04/2015 08:17 EDT

Cellulaire au volant: l'infraction passe à 4 points d'inaptitude

Radio-Canada

Les irréductibles du cellulaire au volant s'exposent à des sanctions plus sévères à compter d'aujourd'hui. Québec fait passer de trois à quatre le nombre de points d'inaptitude pour les contrevenants qui parlent ou qui textent au volant.

Le montant des amendes pour cette infraction demeure dans la fourchette de 80 à 100 $, mais il pourrait augmenter avec la réforme du Code de la sécurité routière, soutient le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti. « À ce moment là dans la modernisation du code, il sera possible cette fois-ci d'augmenter l'amende de façon substantielle. »

L'Ontario a d'ailleurs augmenté, l'an dernier, le montant des amendes de 155 $ à 280 $ pour ces infractions.

« Sur une base réglementaire, il m'était permis d'augmenter le nombre de points de démérite », a déclaré le ministre des Transports Robert Poëti. « C'est un impact assez important pour les nouveaux conducteurs. Lorsque vous n'avez que quatre points de démérite, c'est une suspension immédiate de trois mois, dès que vous êtes reconnu coupable de l'infraction.

« Je pense que c'est un rappel à tous pour la sécurité au volant et de ne pas utiliser le cellulaire au volant lorsque vous conduisez. » — Robert Poëti

Le ministre Poëti, a constaté que les messages de sensibilisation aux dangers liés à l'utilisation des cellulaires au volant avaient atteint leur limite et qu'un resserrement des sanctions s'imposait. Le ministre précise que l'envoi de messages textes n'était pas aussi répandu lors de l'élaboration de la loi en 2008.

Selon des données de la SAAQ, texter en conduisant augmente le risque d'accident parce que le conducteur quitte la route des yeux de 4 à 6 secondes. À une vitesse de 90 km/h, c'est comme traverser un terrain de football les yeux fermés.

La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) estime également que la lutte contre l'utilisation du cellulaire au volant devait passer par la coercition puisqu'une grande majorité de gens interrogés reconnaissent qu'il est dangereux de l'utiliser tout en continuant de le faire.

« Pour changer des comportements en sécurité routière, il faut allier sensibilisation, législation et contrôle », explique le porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers. Le renforcement des conséquences pour les délinquants du cellulaire au volant vise ainsi à les amener à modifier leur comportement, ajoute M. Desrosiers.

Le régime des points d'inaptitude

Permis probatoire (au moins 12 mois) : 4 points

Permis de conduire (moins de 23 ans) : 8 points

Permis de conduire (de 23 et 24 ans) : 12 points

Permis de conduire (25 ans et plus) : 15 points

L'augmentation du nombre de points d'inaptitude aura un impact important sur les détenteurs de permis probatoires. Ces derniers verront leur permis suspendu dès la première infraction puisqu'ils ne peuvent accumuler plus de quatre points d'inaptitude. « Ça touche plus les jeunes, mais c'est aussi dans cette tranche d'individus là qu'il y a du travail à faire », explique M. Desrosiers.

« Ce sont des gens [les jeunes] qui sont connectés pratiquement 24 heures par jour - ce qui n'est pas nécessairement le cas de conducteurs plus âgés - pour eux, il est naturel d'être connecté au volant. » — Guy Desrosiers

L'utilisation du téléphone cellulaire au volant est interdite depuis 2008, mais le nombre de conducteurs contrevenant à cet article du Code de la route est en hausse constante. Le nombre d'infractions est passé de 42 000 à 66 000 de 2009 à 2013.

Au cours des deux dernières années - 2013 et 2014 - les policiers ont remis au moins 66 000 infractions par année pour l'utilisation du cellulaire au volant. Les policiers ont également remis plus de 11 000 pour les trois premiers mois de l'année 2015.