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23/04/2015 12:38 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Budget de l’Ontario : déficit de 8,5 G$; des milliards pour les infrastructures

Le gouvernement ontarien investira 2,6 milliards de dollars de plus que prévu dans les infrastructures cette année, tout en maintenant le cap sur l'élimination du déficit en 2017-2018, dans le cadre d'un budget jugé « très optimiste » par plusieurs analystes.

Selon le budget dévoilé jeudi après-midi, le déficit de l'Ontario doit s'établir à 8,5 milliards en 2015-2016, demeurant le plus élevé de toutes les provinces.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement Wynne hausse de près de 10 % son financement pour le transport en commun, les routes et les ponts, pour un total de 31,5 milliards sur dix ans.

« Ce n'est pas un budget d'austérité, parce que c'est un gouvernement qui croit qu'il a un rôle dans l'économie », explique le politologue Ian Roberge du Collège universitaire Glendon de Toronto.

Prévisions trop roses?

Le gouvernement ontarien compte sur des économies annuelles, non identifiées, d'un demi-milliard dans les dépenses et la vente d'actifs, incluant la privatisation à 60 % du distributeur d'électricité Hydro One et la vente des sièges sociaux torontois de sociétés publiques, pour financer ses promesses, tout en sortant du rouge.

Le plan libéral anticipe aussi une forte croissance aux États-Unis ainsi qu'un prix du pétrole et un huard relativement bas.

Selon le professeur d'économie Jean-Paul Lam de l'Université de Waterloo, ces prévisions sont « très optimistes ».

Le ministre Sousa répond que son gouvernement a « même dépassé ses cibles » dans le passé.

Mauvaises nouvelles

Derrière les investissements dans les infrastructures, l'éducation et l'emploi se cache, toutefois, une série de mauvaises nouvelles dans le budget, souligne le politologue Ian Roberge.

D'une surtaxe sur les caisses de 24 bouteilles de bière à l'augmentation planifiée d'une variété de frais d'usagers, le gouvernement puisera davantage dans la poche des Ontariens.

C'est sans parler de la hausse prévue des franchises d'assurance-automobile et la réduction de la durée des indemnités versées en cas d'accident, afin de limiter l'augmentation des primes.

Par ailleurs, les intérêts sur la dette provinciale, qui frôle 300 milliards, augmenteront de 5,7 % cette année, atteignant 11,4 milliards en 2015-2016. C'est l'équivalent de plus de 20 % des dépenses en santé. Le ministre Sousa affirme, toutefois, que le ratio dette-PIB demeure raisonnable.

Budget décrié par l'opposition

De son côté, le chef intérimaire des conservateurs, Jim Wilson, soutient que le gouvernement n'a pas de plan pour réduire la dette.

Selon lui, « tout ce que le gouvernement sait faire, c'est de dépenser ». M. Wilson ajoute que l'État sera privé de dividendes annuels, une fois Hydro One privatisée.

Les conservateurs soulignent que les agences d'évaluation du crédit ont menacé la province d'une décote, qui ferait augmenter ses coûts d'emprunt, si l'Ontario ne remet pas de l'ordre dans ses finances.

Pour sa part, la chef du NPD, Andrea Horwath, croit que le budget « ignore les priorités des Ontariens », comme l'emploi, l'éducation, le coût de la vie et des tarifs d'électricité élevés ainsi que les besoins du nord de l'Ontario.

Selon Mme Horwath, la privatisation d'Hydro One va faire augmenter à nouveau les tarifs d'électricité. « Les Ontariens n'ont pas voté pour ça, dit-elle. Kathleen Wynne n'a pas le mandat [de vendre le distributeur d'électricité] ».