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23/04/2015 04:10 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

Afrique du Sud: nouvelle opération des forces de sécurité pour prévenir les violences xénophobes

La police sud-africaine, épaulée par l'armée, a effectué une nouvelle démonstration de force jeudi matin dans un grand township de Johannesburg pour prévenir de nouvelles violences contre les immigrés, à quelques heures d'une manifestation dans le centre-ville.

Des dizaines de policiers ont pénétré à minuit un immense dans un foyer de travailleurs à Alexandra, perquisitionnant chaque chambre dont les habitants ont été tirés du lit, fouillés et alignés au mur dans les couloirs, a constaté l'AFP.

La porte-parole de la police Noxolo Kweza a fait état de deux arrestations, l'une pour possession illégale d'uniforme de l'armée et l'autre pour commerce illégal d'alcool.

L'opération s'est déroulée sans heurt, sous l'oeil de nombreuses caméras de journalistes, les policiers frappant aux portes tandis que des militaires en treillis surveillaient les abords et qu'un hélicoptère survolait la zone.

Le grand foyer de Madala, qui compte environ quatre ou cinq immeubles, est typique des constructions du régime raciste de l'apartheid durant laquelle les Sud-Africains noirs n'étaient pas censés habiter en ville, mais y être seulement hébergés temporairement sans leur famille.

Surpeuplé, avec 400.000 personnes environ entassées dans de petites maisons en briques et des baraquements de tôle et de bois construits dans des arrière-cours où courent les rats, le township d'Alexandra, le plus vieux de Johannesburg, a la réputation d'être l'endroit le plus dangereux de la métropole.

C'est à l'Alexandra qu'un Mozambicain avait été poignardé sous l'oeil d'un photographe sud-africain samedi, dernière victime recensée de la vague de violence contre les immigrés --en majorité d'autres Africains-- qui a fait officiellement sept morts et des milliers de déplacés depuis début avril à Durban et Johannesburg.

C'est également à Alexandra que la ministre sud-africaine de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula a annoncé mardi le déploiement de l'armée pour éviter de nouvelles exactions.

Onze suspects ont été arrêtés et le produit de pillages de magasins tenus par des immigrés africains a été saisi lors d'une première intervention de l'armée et de la police dans la nuit de mardi à mercredi à Johannesburg.

Plusieurs associations et syndicats ont appelé à une grande manifestation, jeudi à Johannesburg, pour dire "non" à la xénophobie. Les organisateurs attendent au moins 30.000 personnes.

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