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23/04/2015 10:51 EDT | Actualisé 23/06/2015 01:12 EDT

A Moscou, Kirchner scelle son rapprochement avec Poutine avec des accords dans l'énergie

La présidente argentine Cristina Kirchner a signé jeudi à Moscou une série d'accords ouvrant la voie à la participation d'entreprises russes à des projets dans le nucléaire, l'hydroélectricité et le gaz en Argentine, au moment où la Russie, en froid avec l'Occident, cherche à renforcer ses liens avec les pays émergents.

Aucun contrat ferme n'a été signé entre Vladimir Poutine et Mme Kirchner, qui s'est déjà rendue plusieurs fois en Russie ces dernières années, mais les deux pays espèrent, avec les lettres d'intention signées jeudi, développer leurs relations à un nouveau niveau.

"Nos contacts politiques se sont nettement intensifiés ces derniers temps, le commerce s'est développé, mais il reste des difficultés", a souligné le président russe en préambule à leur rencontre au Kremlin.

Parmi les lettres d'intentions signées, l'une pose "les bases" d'une coopération pour la construction "d'un sixième réacteur de conception russe" d'une puissance de 1.200 MW pour la centrale d'Atucha, selon un communiqué de la société nucléaire russe Rosatom.

Le patron de Rosatom, Sergueï Kirienko, a indiqué, cité par les agences russes, espérer un accord définitif "d'ici à la fin de l'année".

Les deux parties ont également convenu la participation de la banque de développement VEB au financement de la construction de la centrale hydroélectrique Chihuido, pour laquelle la société russe Inter-RAO avait déjà été sélectionnée.

Le patron de VEB, Vladimir Dmitriev, a évoqué un crédit de 1,2 milliard de dollars pour financer l'achat d'équipements russes et la construction, sur un investissement total de deux milliards.

Les autres accords prévoient par ailleurs la participation du géant gazier russe Gazprom à l'exploitation de gisements en Argentine avec YPF ou encore une coopération accrue dans le domaine agricole.

La Russie tente de se rapprocher de l'Amérique latine et d'y augmenter son influence depuis qu'elle a mis en place un embargo sur la majorité des produits alimentaires provenant de l'Union européenne et des Etats-Unis, qui avaient adopté une série de sanctions contre Moscou en raison de la crise ukrainienne.

Cristina Kirchner, qui se bat de son côté contre la justice des Etats-Unis dans son litige l'opposant à deux fonds spéculatifs, affiche une proximité de vues avec Moscou.

Arrivée à Moscou mardi, elle avait souligné mercredi la force des liens entre l'Argentine et la Russie, qui entretiennent des relations diplomatiques depuis 130 ans.

"Nous sommes deux pays qui, au-delà d'une longue histoire d'amitié, ont des économies complémentaires", a-t-elle déclaré, lors d'une rencontre mercredi avec des hommes d'affaires russes et argentins.

gmo/mp/dac

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