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22/04/2015 12:57 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Tunisie: un animateur vedette jugé pour escroquerie et trafic d'influence

Un présentateur vedette tunisien, jugé pour avoir promis à un homme d'affaires en fuite d'intercéder en sa faveur en échange d'une interview, a reconnu les faits mercredi à l'ouverture de son procès mais en assurant qu'il s'agissait d'un stratagème dans le but d'obtenir l'entretien.

Très controversé, Samir El Wafi est l'un des présentateurs les plus célèbres de Tunisie. Accusé de sensationnalisme par ses détracteurs mais apprécié pour ses questions insistantes par ses fans, il présente tous les dimanches sur la chaîne privée Al Hiwar Ettounsi "Pour ceux qui osent seulement", une émission au cours de laquelle une personnalité passe sur le gril.

Il est accusé d'avoir promis à l'homme d'affaires Hamadi Touil, un proche de l'un des beaux-frères de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en fuite depuis la révolution de janvier 2011, d'intercéder en sa faveur afin d'"arranger ses affaires" en Tunisie, en échange d'une interview exclusive.

Une somme d'argent a également été évoquée dans un enregistrement effectué à l'insu de l'animateur par l'épouse de l'homme d'affaires.

M. Touil "dispose d'énormément d'informations. C'est une boîte noire" de l'ère Ben Ali, a lancé l'animateur devant la cour à l'ouverture de son procès. "Et je suis journaliste. Je l'ai vu sous un seul angle, celui du scoop (...). Alors je lui ai fait croire que je pouvais l'aider (...). En toute franchise, monsieur le juge, j'ai menti", a-t-il poursuivi.

"Je veux du buzz, de la polémique, qu'on parle de moi. D'autres journalistes choisissent d'autres méthodes, c'est mon école à moi", a-t-il dit.

Quant à l'argent mentionné dans l'enregistrement, "c'était (dans le cadre) d'un scénario. Je voulais paraître sérieux, que cette femme sorte de l'entretien convaincue. Je n'ai pas pris un seul dinar", s'est-il défendu.

Ses avocats ont demandé un non-lieu, estimant que l'enregistrement n'était pas recevable et assurant que l'animateur "ne faisait que son travail". Ils ont par ailleurs plaidé pour la prescription des faits qui datent selon eux de plus de trois ans.

Le verdict est attendu d'ici mercredi soir. L'animateur, en détention depuis le 15 avril, risque la prison ferme.

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