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22/04/2015 04:38 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Tollé contre un tracé d'Hydro-Québec

Le tracé de la nouvelle ligne d'Hydro-Québec suscite la colère le long des 400 kilomètres qu'elle doit parcourir entre Chamouchouane au Lac-Saint-Jean et Montréal. C'est dans la Lanaudière, où les six préfets des MRC ont adopté une résolution contre le projet, que le projet provoque le plus de résistance.

Outre les préfets des Municipalités régionales de comtés (MRC), les maires et les citoyens de la région se sont ligués contre le projet que le Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) a également rejeté dans sa forme actuelle. « Tous les maires, tous les préfets signent contre, tous les corps intermédiaires ont signé contre et vous avez 11 000 signatures individuelles », explique un retraité de la région, André Dallaire.

La présidente d'un regroupement Citoyens sous haute tension, Chantal Lapointe, déplore également le passage de cette ligne dans la région. « C'est pas l'effet du pas dans ma cour, c'est économique », avance-t-elle. « Parce que 1,35 milliard [de dollars], c'est nous les citoyens qui allons la payer cette facture-là. »

La préfète de la MRC de Montcalm, Danielle Allard, abonde en ce sens. « Pourquoi dépenserait-on de l'argent pour quelque chose dont nous n'avons pas besoin présentement », s'interroge-t-elle.

« Ça me renverse totalement », renchérit le maire de Rawdon, Bruno Guilbault. Le maire déplore l'ironie de sa situation lorsqu'il est forcé d'envoyer un constat d'infraction à un citoyen de son territoire qui a coupé un arbre sur la bande riveraine alors qu'Hydro-Québec ravagera une bande 150 mètres sur une distance de 400 km.

M. Guilbault a reçu une lettre du gouvernement du gouvernement du Québec lui indiquant que le projet allait de l'avant malgré l'opposition des élus de la région.

« D'un bout à l'autre c'est de l'acériculture qui se fait sur la montagne et c'est mélanger avec des pins et des sapins », explique le premier vice-président du syndicat du nord de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Beauséjour. « Mais sur toute la montagne, il y a de l'acériculture », déplore-t-il. Les agriculteurs de la région dénoncent également le tracé qui ravagera une partie de leurs terres.

Citoyens et élus demandent à Hydro-Québec de recycler une ligne existante, mais qui serait tombée en désuétude. Ils suggèrent à la société d'État de remettre cette ligne à niveau pour lui permettre de transporter les 735 kilovolts qu'elle compte acheminer vers la métropole québécoise.

En dépit de la correspondance gouvernementale, le ministre du Développement durable et de l'Environnement, David Heurtel, se fait rassurant. « On est encore en train d'analyser le BAPE et le gouvernement prendra une décision sous peu », a-t-il déclaré depuis les couloirs de l'Assemblée nationale à Québec.

De leur côté, les citoyens entendent continuer à s'opposer au projet d'Hydro-Québec. Ils envisagent la possibilité de déposer un recours collectif ou, à la blague, de mener des actions de sabotage.

La société d'État rappelle que la Régie de l'Énergie a accepté le projet de la nouvelle ligne de transport d'électricité. Quant au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, il comptait sur ce projet pour annoncer de nouveaux emplois, mais il devra peut-être patienter.

D'après un reportage de Catherine Kovacs