DIVERTISSEMENT
22/04/2015 04:10 EDT | Actualisé 23/04/2015 05:49 EDT

Stéphane Rousseau: un peu princesse, mais moins séducteur (VIDÉO/PHOTOS)

Stéphane Rousseau s’autoproclame Un peu princesse sur l’affiche de son nouveau spectacle. Un peu princesse, peut-être, mais moins séducteur, aussi. Quarantaine avancée aidant, l’homme ressentait le besoin d’emprunter un virage vers l’authenticité, de se montrer davantage sous son vrai jour, celui d’un être plus caustique et corrosif que ne le laissent paraître les facettes de sa personnalité qu’il a jusqu’ici exploitées publiquement.

«Quand je regarde ce que j’ai fait dans le passé, je ne suis pas toujours complètement d’accord avec ce que je vois, avance Stéphane. C’est très léché, peaufiné, tout est à la virgule près. Je trouve que ça manque un peu de spontanéité et de folie.»

Dans Un peu princesse, il délaisse donc un peu l’aura de séducteur, de «beau bonhomme» qui lui a longtemps collé à la peau et dont il tend peu à peu à s’éloigner.

«C’a été une belle carte de visite, mais ça m’a nui aussi, reconnaît Stéphane. Quand on projette cette image, les gens ont tendance à nous mettre dans des cases. On nous perçoit comme si on était juste cute, et on est moins pris au sérieux. Certains autres humoristes croyaient qu’ils ne se battaient pas à armes égales contre moi, parce que je jouais au beau gars. Et mon équipe et moi avons misé là-dessus.»

«Mais on ne peut pas tenir ça indéfiniment. À un moment donné, il faut passer à autre chose. On ne peut pas remplir des salles seulement avec une bonne tête, il faut avoir quelque chose à dire. Ça m’a bien servi, mais je devais trouver d’autres axes pour parler aux gens, pour ne pas qu’ils se lassent.»

Galerie photo Stéphane Rousseau: Un peu princesse Voyez les images

Tout en musique

L’axe qu’il a sélectionné pour Un peu princesse tourne autour de ses défauts. Un angle qui lui a sauté au visage au gré de discussions avec son directeur artistique, Pierre Bernard, et sa script-éditrice, Josée Fortier.

«Les gens ne seront pas déstabilisés, mais ils seront agréablement surpris, promet Stéphane. C’est rare qu’on m’a vu dans ce style-là. C’est plus stand up que ce que j’ai fait dans le passé, même si on retrouve quand même mon côté entertainer. On peut essayer de se réinventer mais, foncièrement, on reste toujours la même personne. Mon idée n’était pas de devenir complètement autre chose, mais de me rapprocher de ce que je suis dans la vie. Ces dernières années, j’étais devenu très politiquement correct, dans mes shows, et ça m’énervait un peu.»

Un peu princesse est un hybride entre le stand up conventionnel et la performance de variétés. L’ensemble se veut «pop-rock-humoristique». Une trame sonore signée Dee, ainsi que la percussionniste Emmanuelle Caplette et le claviériste William Croft, accompagnent Stéphane dans ses joyeuses incartades.

«Dans la première partie, je parle de ma séparation, détaille Stéphane. La peine d’amour, je trouvais que c’était un sujet assez riche puisqu’aujourd’hui, on est tous voués à se séparer, éventuellement, ou à connaître des gens qui vont se séparer. C’a de grandes répercussions sur l’entourage, les amis. Ce segment est un point tournant dans le spectacle. Avant, je suis fendant, je cabotine, je «charrie» pas mal, puis je me rends compte que je ne peux pas être un éternel adolescent toute ma vie. Puis, dans la deuxième partie, c’est plus musical. Les musiciens sont intégrés dans le show, et il y a des chansons originales.»

Le Québec d’abord

Un peu princesse est le sixième one man show de Stéphane Rousseau, et son quatrième aussi présenté en France. Là-bas, le titre de l’opus est Stéphane Rousseau brise la glace, et les premières représentations y ont été données à l’automne.

Or, bien qu’adulé des deux côtés de l’Atlantique, Rousseau pense toujours au public québécois, d’abord, lorsqu’il planche sur son matériel de scène.

«Le premier jet est toujours pour le Québec. Cette fois, ma technique de travail a été particulière; j’ai été jouer dans une vingtaine de petites salles au Québec avant de partir en France pour tester la formule. Certaines affaires ne marchent pas bien d’un côté ou de l’autre, et il a fallu retravailler certains aspects», relève celui qui estime environ à 70 ou 75 le pourcentage de son temps alloué à son métier d’humoriste, entre ses engagements à la télévision et au cinéma et sa passion pour le dessin. «Ces temps-ci, l’humoriste prend pas mal de place, mais il va peut-être en prendre moins dans les prochaines années», laisse tomber Stéphane.

Stéphane Rousseau présente Un peu princesse de mercredi à samedi, au Théâtre St-Denis. Des supplémentaires ont déjà été annoncées pour les 17 et 18 juillet, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, dans le cadre du Festival Juste pour rire, et du 26 au 30 décembre, au Théâtre St-Denis. Toutes les dates sont disponibles sur son site. Il animera aussi la deuxième saison de Sur invitation seulement, à TVA, l’automne prochain, et prévoit peut-être tourner un film en France à la fin de l’été.

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