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22/04/2015 11:36 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Rwanda: le TPIR clôt son ultime audience

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a clos l'audience de son ultime procès en appel, mercredi à Arusha, siège de cette Cour créée par l'ONU pour juger les responsables du génocide de 800.000 personnes en 1994.

Parmi les six derniers accusés à comparaître, l'ex-ministre rwandaise de la Famille, Pauline Nyiramasuhuko, seule femme jugée par le TPIR, a demandé en sanglots mercredi aux juges d'appel de l'acquitter. Elle a affirmé qu'elle n'avait pu "commettre les crimes abominables" pour lesquels elle a été condamnée en première instance à la perpétuité.

Déclarée coupable en 2011, notamment de génocide, entente en vue de commettre le génocide, extermination, viols et persécutions, Pauline Nyiramasuhuko, 69 ans, est la première femme condamnée pour génocide par une juridiction internationale.

Parmi ses cinq co-accusés, figure son fils Arsène Shalom Ntabobali, né en 1970, qui a lui aussi écopé de la perpétuité, tout comme l'ex-maire de Muganza (sud), Elie Ndayambaje. L'ancien maire de Ngoma (sud), Joseph Kanyabashi, a été condamné à 35 ans de prison et les anciens préfets de Butare (sud), Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, respectivement condamnés à 25 et 30 ans d'emprisonnement.

Leur procès en appel s'est ouvert le 14 avril.

Le parquet a demandé le maintien des peines à perpétuité et des peines plus lourdes pour les autres, sans en préciser le quantum.

Les différents avocats se sont succédé pour demander l'acquittement de chacun de leurs clients.

Ouvert sur le fond en juin 2001, le procès est le plus long et sans doute le plus coûteux de la justice pénale internationale.

Mme Nyiramasuhuko, incarcérée depuis juillet 1997, a argué avoir été condamnée car "il fallait à tout prix prouver qu'une femme, qu'une mère avait été impliquée dans l'innommable".

S'inclinant devant les victimes de "la tragédie" rwandaise, elle a reproché au tribunal de n'avoir poursuivi que des responsables de l'ancien régime hutu, au pouvoir en 1994 et accusé d'avoir préparé le génocide de la minorité tutsi, déclenché dès le lendemain de la mort du président Juvénal Habyarimana dont l'avion a été abattu le 6 avril 1994 à Kigali.

"Une partie des Rwandais est diabolisée tandis qu'une autre partie est victimisée", a-t-elle expliqué en faisant implicitement référence respectivement à la majorité hutu et à la minorité tutsi. "Je ne crois pas que cela puisse résoudre les problèmes de mon pays".

Au bord des larmes, Arsène Shalom Ntahobali, plus jeune détenu du TPIR, a lui aussi demandé à la Cour de l'acquitter. "Je ne suis pas ce tueur-violeur qu'on vous a décrit. Je ne suis pas cette horrible personne que les témoins de l'accusation ont décrite ici", a-t-il déclaré.

Les quatre autres accusés ont aussi demandé leur acquittement.

L'arrêt des juges, dont la date n'a pas été officiellement annoncée mais qui est attendu en août, marquera la fin des travaux du TPIR.

Le tribunal devait initialement avoir clos tous ses dossiers l'an dernier, 20 ans après le génocide, mais le Conseil de sécurité de l'ONU a été contraint de prolonger son mandat.

Le génocide a fait, selon l'ONU, quelque 800.000 morts, principalement au sein de la minorité tutsie, entre avril et juillet 1994.

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