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22/04/2015 12:41 EDT | Actualisé 22/04/2015 12:43 EDT

Deuxième guerre mondiale: Oskar Groening fournit des détails troublants d'Auschwitz

Defendant Oskar Groening sits on the dock of the court in Lueneburg, northern Germany, Tuesday, April 21, 2015. The  93-year-old former Auschwitz guard faces trial on 300,000 counts of accessory to murder, in a case that will test the argument that anyone who served at a Nazi death camp was complicit in what happened there. (Julian Stratenschulte/Pool Photo via AP)
ASSOCIATED PRESS
Defendant Oskar Groening sits on the dock of the court in Lueneburg, northern Germany, Tuesday, April 21, 2015. The 93-year-old former Auschwitz guard faces trial on 300,000 counts of accessory to murder, in a case that will test the argument that anyone who served at a Nazi death camp was complicit in what happened there. (Julian Stratenschulte/Pool Photo via AP)

Un ancien sergent des SS nazis a fourni mercredi des détails à glacer le sang de la manière dont des trains bondés de Juifs arrivaient à Auschwitz, avant que les victimes ne soient dépouillées de leurs biens et, dans la majorité des cas, immédiatement conduites vers les chambres à gaz.

Oskar Groening doit répondre de 300 000 chefs de complicité pour meurtre. Les accusations contre lui découlent d'une période, entre mai et juin 1944, pendant laquelle environ 300 000 des quelque 425 000 juifs de Hongrie qui ont été amenés à Auschwitz ont été exécutés dans les chambres à gaz nazies.

Pendant cette période, les trains arrivaient à Auschwitz à un rythme si effréné que deux devaient souvent patienter, les portes fermées, pendant que le premier était « traité », a expliqué Groening au tribunal de la ville de Lunebourg.

Même s'il était plus fréquemment assigné à la section Auschwitz I, Groening a confié avoir monté la garde à la rampe de Birkenau à trois reprises, dont un quart de travail frénétique de 24 heures. Les principales chambres à gaz se trouvaient à Birkenau.

« La capacité des chambres à gaz et des fours crématoires était très limitée. Quelqu'un a dit qu'on pouvait traiter 5000 personnes en 24 heures, mais je n'ai jamais vérifié ça. Je ne savais pas. Pour que tout se déroule de manière ordonnée, nous attendions que le premier train ait été entièrement traité et fini. »

— Oskar Groening

Les survivants d'Auschwitz ont décrit une arrivée chaotique pendant laquelle les gardes hurlaient, les chiens jappaient et les familles étaient séparées. L'homme de 93 ans maintient le contraire, déclarant que « c'était très ordonné et pas aussi difficile » sur la rampe de Birkenau.

« Le processus était le même à Auschwitz I. La seule différence était qu'il n'y avait pas de camions, a-t-il expliqué au deuxième jour de son procès. Ils marchaient tous - certains dans une direction, d'autres dans une autre (...) vers l'endroit où se trouvaient les fours crématoires et les chambres à gaz. »

Aucun plaidoyer n'est enregistré sous le système allemand et on ne sait pas combien de temps durera le procès, mais des audiences sont prévues jusqu'à la fin du mois de juillet. Groening a reconnu mardi qu'il se considère comme « moralement coupable », mais qu'il reviendra au tribunal de décider de sa responsabilité criminelle. Il pourrait écoper de 15 ans de prison.

Une survivante témoigne

Eva Kor, 81 ans, compte parmi les Juifs qui sont arrivés à Auschwitz en 1944. Même si elle ne se souvient pas de Groening personnellement, elle se dit incapable d'oublier la scène.

« Tout allait très vite. On criait, on pleurait, on était bousculés : même les chiens jappaient. Je n'avais jamais rien vécu d'aussi rapide et d'aussi dément de toute ma vie », a-t-elle dit à l'Associated Press avant de s'adresser au tribunal.

Ses deux sœurs aînées et ses parents ont été conduits directement aux chambres à gaz, pendant qu'elle et sa sœur jumelle de 10 ans ont été arrachées à leur mère pour être confiées au tristement célèbre docteur Josef Mengele.

« Je me souviens seulement de ses bras étirés en guise de désespoir, a raconté Mme Kor. Je n'ai même jamais pu lui dire au revoir. »

Environ 60 survivants de l'Holocauste, dont Mme Kor, ou leurs proches provenant du Canada, des États-Unis, d'Israël et d'ailleurs sont inscrits en tant que co-plaignants, comme le permet le droit allemand.

L'avocat de plusieurs d'entre eux, Thomas Walther, a dit que ses clients et lui sont heureux que Groening ait accepté de témoigner, mais qu'ils le soupçonnent de ne pas tout dire.

« Il y a un océan de vérité, mais plusieurs îles de mensonges », a-t-il dit.

Mme Kor a été la première plaignante à s'adresser au tribunal. Elle a demandé à Groening ce qu'il sait de Mengele et de ses expériences médicales. Groening n'a pas répondu, mais son avocat a ensuite dit qu'il répondra aux questions dans la mesure où il le peut. Il a toutefois dit croire que Groening et Mengele ne se connaissaient pas.

Le procès de Groening servira notamment à valider si toute personne ayant œuvré dans un camp de la mort peut être considérée comme complice des atrocités qui y ont été commises.

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