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22/04/2015 13:37 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Obama dans les Everglades pour évoquer l'urgence climatique

Barack Obama se rendait mercredi dans le parc national des Everglades, vaste réserve naturelle à l'équilibre fragile située à la pointe sud de la Floride, pour dire l'urgence d'agir face au changement climatique, "plus grande menace" qui pèse sur la planète.

A moins de huit mois de la conférence de Paris visant à conclure un accord pour limiter à 2°C la hausse du thermomètre mondial, le président américain veut marquer la Journée mondiale de la Terre, mais aussi envoyer un message à ceux qui "nient" ou "ignorent" le réchauffement en cours.

D'une superficie d'environ 600.000 hectares, le parc des Everglades, dont les marécages sont peuplés de nombreux crocodiles et alligators, est aussi le lieu de nidification pour nombre d'oiseaux d'eau en Amérique du Nord et un important couloir de migration.

Dans cette partie du pays, "la montée du niveau des mers met en péril un trésor national et le moteur économique de l'industrie du tourisme", a souligné le président américain en annonçant sa visite, rappelant que 2014 avait été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés de températures en 1880.

"Nous pouvons encore faire la différence, mais le temps est compté", a mis en garde le secrétaire d'Etat John Kerry dans une tribune publiée dans USA Today. "Soyons clairs: si nous laissons passer cette occasion, c'est probablement le seul souvenir que laissera notre génération".

Enumérant les impacts du changement climatique sur la sécurité nationale, l'économie, ou encore la santé publique, Josh Earnest, porte-parole de M. Obama, a lui montré du doigt les élus républicains "qui décident de nier le changement climatique au détriment de ceux qu'ils représentent".

"Je pense que le climat change parce qu'il n'y a jamais eu d'époque durant laquelle le climat ne changeait pas", a lancé il y a quelques jours le sénateur de Floride Marco Rubio, candidat déclaré à la Maison Blanche. "Le question est: quel pourcentage de cela est lié à l'activité humaine ?".

Sur le plan international, l'exécutif américain affiche sa volonté d'user de son influence pour "pousser d'autres pays à s'engager eux aussi" à réduire leurs émissions de CO2, "comme nous l'avons fait avec succès avec la Chine".

En arrachant, mi-novembre, un accord inédit avec Pékin, en vertu duquel les deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre de la planète annonçaient leurs engagements chiffrés au même moment, M. Obama s'est, de facto, placé dans un rôle de leader à l'approche du rendez-vous de Paris.

- "Un parti qui nie les faits" -

La conférence de décembre n'est pas, sur le papier, un sommet de chefs d'Etat. Mais si un accord est en vue, les principaux dirigeants de la planète pourraient bien se retrouver dans la capitale française. Accrocher son nom sur un texte ambitieux serait incontestablement une victoire pour M. Obama, un an avant son départ de la Maison Blanche et six ans après le douloureux revers du sommet de Copenhague.

Si la résonance de l'accord avec Pékin - qui fut une surprise - a incontestablement donné un coup d'accélérateur aux négociations sous l'égide de l'ONU, les engagements américains restent cependant largement en-deçà de ceux mis sur la table par l'Union européenne (baisse de 40% des émissions d'ici 2030 par rapport à 1990).

"L'UE s'est incontestablement engagée dans cette voie depuis plus longtemps", souligne Jennifer Morgan, responsable du climat au sein du World Resources Institute (WRI).

"Mais les Etats-Unis sont au moins désormais présents sur la scène internationale avec un pan crédible qui amorce le virage vers une économie faible en carbone", ajoute-t-elle, jugeant que l'administration Obama est "la première à véritablement s'attaquer au problème et à utiliser tous les outils à sa disposition".

Des interrogations demeurent cependant: les Etats-Unis, où nombre d'élus républicains sont vent debout contre toute intervention fédérale sur ce sujet, tiendront-ils leurs promesses ? La Maison Blanche assure que les chiffres avancés peuvent être tenus sans le vote de nouvelles lois au Congrès.

Interrogé il y a quelques semaines sur le rapport de forces politique sur le sujet, M. Obama avait vivement dénoncé l'attitude de ses adversaires: "Il n'y a pas deux partis qui sont en désaccord et qui créent un blocage, il y a un parti qui nie les faits", avait-il lancé, mettant en avant la puissance financière du lobby des énergies fossiles pour expliquer la position de certains élus républicains du Congrès.

jca/vog