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22/04/2015 12:09 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Le président turc Erdogan dénonce le "virus" Etat islamique (EI)

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi, dans des propos d'une rare fermeté, les agissements du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, le qualifiant de "virus" destructeur pour la communauté musulmane.

"Daesh (l'acronyme arabe de l'EI) est un virus destiné à diviser et à détruire l'Oumma (la communauté des musulmans)", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Fouad Massoum.

"Ce virus peut se propager de cette région à d'autres régions", a renchéri M. Massoum en reprenant la même image que son hôte. "Les pays de cette région ont une grande responsabilité", a-t-il ajouté.

La Turquie s'est vu souvent reprocher ces derniers mois de ne pas s'impliquer suffisamment dans la lutte contre les jihadistes, qui occupent de larges pans des territoires syrien et irakien le long de sa frontière sud.

"Une stratégie internationale est essentielle pour éradiquer cette mouvance. Même si nous parvenons à détruire Daesh, un autre groupe émergera sous un autre nom", a ajouté le chef de l'Etat turc. "D'où viennent ses armes, ses moyens? Nous devons nous concentrer là-dessus", a-t-il insisté devant son hôte.

Le régime turc a été à de nombreuses reprises lui-même accusé de soutenir les groupes rebelles les plus radicaux hostiles au régime du président syrien Bachar al-Assad, sa bête noire, y compris l'EI. Ankara a toujours nié ces allégations.

Sous la pression des critiques de ses alliés occidentaux, la Turquie a récemment renforcé les contrôles à ses frontières pour tenter de ralentir le flux des combattants étrangers, notamment européens, qui rejoignent les groupes jihadistes par son territoire.

Son ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a indiqué mardi, lors d'une visite aux Etats-Unis, que son pays avait placé sur sa liste d'interdiction d'entrée sur son sol un total de 12.800 personnes soupçonnées de vouloir rallier les rangs de l'EI.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a souligné de son côté la difficulté de la tâche qui incombe à son pays. "Il est facile de critiquer la Turquie depuis des capitales qui ne sont pas voisines d'un pays comme la Syrie où se déroule une guerre civile", a-t-il déclaré après un entretien avec le Premier ministre australien Tony Abbott.

M. Abbott a jugé que la Turquie faisait "de son mieux" dans la lutte contre l'EI.

pa-fo/fpp