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22/04/2015 09:10 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Le Kenya fait appel aux donateurs pour financer le rapatriement des réfugiés somaliens

Le Kenya a fait appel aux donateurs internationaux pour financer le renvoi des centaines de milliers de réfugiés somaliens chez eux, un plan controversé et trop onéreux pour le seul Kenya, affirment mercredi les médias.

Dans la foulée du massacre de l'université de Garissa revendiqué par les islamistes somaliens shebab (148 morts), le Kenya a annoncé mi-avril avoir donné trois mois au Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) pour démanteler le tentaculaire complexe de camps de Dadaab et rapatrier les quelque 400.000 Somaliens qu'il abrite.

Plus vaste site de réfugiés au monde, ouvert en 1991 dans l'est du Kenya quand la Somalie a plongé dans guerre civile, Dadaab sert, selon les autorités kényanes, de terrain de recrutement aux shebab.

Mais selon les médias, la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a commencé à faire marche arrière, affirmant qu'aucun calendrier de renvoi n'avait été arrêté et que tout dépendrait "des ressources disponibles".

Pour résoudre ce problème de fonds, la ministre a lancé l'idée d'une conférence de donateurs internationaux.

Mme Mohamed s'est exprimée à l'issue d'une réunion, mardi à Nairobi, avec des autorités somaliennes et des membres du HCR.

En novembre 2013, les trois parties avaient signé un accord de rapatriement volontaire, dans la foulée de l'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi (67 morts). Depuis, selon la ministre, 2.000 Somaliens sont rentrés chez eux.

L'annonce kényane mi-avril a déclenché de vives critiques, notamment de Médecins sans frontières (MSF), seule organisation médicale à offrir des soins à Dadaab. L'ONG a rappelé que même si l'aide humanitaire s'y est réduite ces derniers années, notamment en raison de l'insécurité croissante, Dadaab reste un lieu "de refuge plus sûr que la Somalie".

Le pays de la Corne de l'Afrique est plongé dans le chaos depuis 1991, livré aux milices claniques, gangs criminels et groupes islamistes, et en proie à de régulières sécheresses.

Les shebab sont depuis 2007 à la tête d'une insurrection armée dans le pays, mais multiplient aussi les attentats au Kenya depuis que celui-ci a lancé son armée à leur poursuite dans le sud somalien fin 2011.

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