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22/04/2015 05:11 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Le Kazakhstan rejette la monnaie commune proposée par Moscou

Le Kazakhstan rejette l'idée, émise par le président russe Vladimir Poutine le mois dernier, d'une monnaie unique à l'intérieur de l'Union économique eurasiatique formée par Moscou avec d'anciennes républiques soviétiques, a indiqué mercredi un haut responsable kazakh.

"De telles questions ne sont pas en discussions. Le Kazakhstan a une position ferme et claire, qui exclut la possibilité d'une monnaie unique à l'intérieur" de cette union, a déclaré un ministre adjoint de l'Economie, Timour Jaksilikov, à la presse.

L'Union économique eurasiatique a été officiellement formée en début d'année, sur la base de la zone de libre échange réunissant la Russie, le Belarus, le Kazakhstan et l'Arménie.

Vladimir Poutine avait émis l'idée d'une monnaie commune fin mars, à l'occasion d'un sommet trilatéral avec ses homologues kazakh et bélarusse à Astana.

La réponse de Timour Jaksilikov intervient alors que les relations économiques se sont distendues entre le Kazakhstan et la Russie, traditionnellement son plus proche allié, en raison des retombées des sanctions imposées par l'Occident à la Russie pour son rôle présumé dans la crise ukrainienne.

Astana avait ainsi suspendu début mars pour 45 jours ses importations de pétrole et d'essence en provenance de Russie, afin de protéger son marché intérieur menacé par la chute du rouble, rendant les produits russes bon marché.

Plus récemment, Astana a introduit des restrictions sur l'importation de produits alimentaires russes, officiellement pour des raisons sanitaires.

La Russie a répondu par un embargo sur les produits laitiers, les fruits et les légumes kazakhs pour les mêmes raisons.

Selon plusieurs analystes, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a par ailleurs peu apprécié l'annexion de la Crimée par la Russie et le soutien affiché de Moscou aux rebelles russophones de l'est de l'Ukraine, le Kazakhstan abritant lui aussi une importante minorité russophone.

Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1991, est candidat à sa propre succession pour les prochaines élections présidentielles, qui auront lieu dimanche.

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