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22/04/2015 15:16 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Le Brésil "à la traîne" sur la dépénalisation des drogues (ancien président Cardoso)

Le Brésil est "à la traîne" sur la question de la dépénalisation des drogues, a affirmé mercredi à Rio l'ancien président brésilien Fernando Henrique Cardoso, fervent défenseur de la dépénalisation du cannabis.

"Le Brésil est à la traîne. Il est tabou au Brésil de discuter des drogues (...) Cela n'a pas de sens de traiter le consommateur comme un criminel. Le trafiquant si, et c'est lui qui doit être criminalisé", a déclaré M. Cardoso lors d'une table ronde internationale sur les réformes dans la politique en matière de drogues et leurs implications pour l'Amérique latine.

Pour l'ancien président social-démocrate (1995-2003), âgé de 83 ans et membre de la Commission mondiale des politiques sur les drogues, "il faut amplifier le débat sur la question des drogues et un changement culturel pour pouvoir changer la loi et le comportement de la police" qui s'en prend essentiellement aux pauvres et aux noirs.

Ruth Dreifuss, présidente suisse de la Commission mondiale des politiques sur les drogues, a rappelé que la guerre contre les drogues lancée par les Etats-Unis sous Richard Nixon a été reconnue comme étant un échec par nombre de ses promoteurs et que l'heure était aux alternatives. Selon elle, aucun continent n'a souffert de façon aussi brutale l'effet de cette guerre que l'Amérique latine.

Ce que "l'on attend du débat mondial prévu en 2016 à New York est un échange de bons procédés pour montrer ce qui a été fait pour abandonner cette idéologie de +guerre contre la drogue+ et ouvrir des voies pour des réformes", a-t-elle déclaré.

"Il faut un changement fondamental vers des politiques de santé" et non plus de répression seulement, a-t-elle souligné.

D'autres membres de cette table ronde organisée à Rio par l'Open society Foundation du magnat américain Jorge Soros se sont accordés à dire que les "marchés de la drogue sont aujourd'hui aux mains des trafiquants, des criminels et que ce sont les États qui devraient réglementer ce marché", comme c'est le cas pour l'alcool par exemple.

"Ceux qui gagnent beaucoup d'argent avec la prohibition sont les narcotrafiquants, au détriment des agriculteurs", a souligné le Colombien Daniel Mejia, directeur du centre sur les drogues et la sécurité dans les Andes.

Mme Dreifuss a, elle, relevé "la différence entre dépénalisation et réglementation", comme en Uruguay ou dans plusieurs Etats américains.

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