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22/04/2015 05:43 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

L'Espagne rappelle son ambassadeur au Venezuela

L'Espagne a rappelé son ambassadeur au Venezuela après les déclarations du président vénézuélien accusant Madrid de "terrorisme" et de soutenir "un complot" contre le Venezuela, a annoncé mercredi son ministre des Affaires étrangères.

"Etant donné le niveau d'irritation verbale que j'ai vu chez le président (Nicolas) Maduro, j'ai décidé de rappeler pour consultations notre ambassadeur à Caracas", a déclaré José Manuel García-Margallo à des journalistes dans les couloirs du Congrès des députés (chambre basse).

"Les qualificatifs utilisés par les autorités, jamais par le peuple vénézuélien, sont absolument intolérables", a-t-il affirmé.

Mardi, Nicolas Maduro a accusé le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy "de soutenir le terrorisme" au Venezuela et "d'être derrière un complot international pour faire tomber le gouvernement constitutionnel" qu'il préside.

Il a ajouté que Mariano Rajoy appartenait à "un groupe de corrompus, de bandits et de voleurs".

Le 15 avril, le gouvernement conservateur espagnol avait convoqué l'ambassadeur vénézuélien en Espagne après des propos du dirigeant socialiste vénézuélien considérés par Madrid comme des "insultes" et "menaces" et jugés "intolérables".

Nicolas Maduro avait déclaré que le chef de gouvernement Mariano Rajoy était un "raciste". Maduro avait également fustigé l'"agression des élites corrompues espagnoles (...) à l'égard des Vénézuéliens" après l'adoption le même jour par le Congrès espagnol d'une motion exigeant la libération d'opposants vénézuéliens.

La tension entre Caracas et Madrid est montrée d'un cran récemment, suite à l'appui affiché en Espagne aux opposants emprisonnés Antonio Ledezma, maire de Caracas et Leopoldo Lopez, dirigeant du parti Voluntad popular. Le Parti populaire (droite) et le Parti socialiste ont exigé leur libération et le respect de leurs droits de la défense.

M. Lopez est accusé d'implication dans les manifestations étudiantes contre le gouvernement qui avaient fait 43 morts entre février et mai 2014, selon le bilan officiel. M. Ledezma est lui accusé de "complot". Il est incarcéré depuis février 2015 après avoir été brutalement interpellé par plusieurs dizaines d'agents des services secrets.

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