NOUVELLES
22/04/2015 13:51 EDT | Actualisé 22/06/2015 01:12 EDT

Grèce : un magnat du bâtiment mis à l'amende pour évasion fiscale

Le patron d'une des plus importantes sociétés de BTP en Grèce, accusé d'évasion fiscale, a été arrêté mercredi et contraint de payer 1,8 million d'euros réclamés par la justice à cet entrepreneur éminent, le premier ainsi inquiété depuis l'arrivée au pouvoir la gauche radicale.

Leonidas Bobolas, directeur général du groupe Ellaktor, a été conduit devant le procureur puis relâché après s'être engagé à payer le reste de l'amende, d'un montant total de deux millions d'euros, "dans un bref délai", selon une source judiciaire.

Leonidas Bobolas est le fils de Georges Bobolas, à la tête d'une des plus puissantes familles d'entrepreneurs grecs, active les secteurs du bâtiment et de la presse où elle est actionnaire de médias très influents.

Selon la même source, il avait été informé courant avril par la justice de la somme due, sans opposer de recours, mais l'argent n'avait pas été versé au centre de contrôle fiscal des grandes fortunes, ce qui a entraîné son arrestation.

L'avocat de M. Bobolas a au contraire affirmé qu'il s'était rendu de son plein gré aux autorités pour s'acquitter du montant réclamé.

Les arrestations pour dissimulation fiscale ne sont pas rares en Grèce, mais elles ne concernent guère des personnalités de la stature de M. Bobolas.

Selon des informations de presse, Leonidas Bobolas se voit reprocher d'avoir transféré sur des comptes à l'étranger environ huit millions d'euros, dont quatre millions sur des comptes suisses.

Son nom figure sur la liste d'Hervé Falciani, l'ex-informaticien de la banque HSBC qui avait permis de rendre publics des fichiers de fraudeurs fiscaux présumés. Cette liste est connue en Grèce sous le nom de "liste Lagarde", car elle avait été fournie au gouvernement grec par Christine Lagarde, lorsqu'elle était ministre de l'Economie et des Finances en France.

Le gouvernement de gauche radicale Syriza, au pouvoir depuis trois mois, a dit vouloir livrer bataille à l'évasion fiscale qui handicape l'économie de la Grèce et aux "oligarques". Sur ce point, il est encouragé par ses créanciers UE et FMI.

Un ancien magistrat spécialisé dans la délinquance financière a été nommé ministre chargé de la lutte contre la corruption.

Fin mars, le gouvernement a repris les discussions avec la Suisse pour enquêter sur les dépôts bancaires des Grecs. Une nouvelle rencontre sur ce sujet est prévue à Athènes pour fin avril.

Selon des chiffres publiés la semaine dernière par le journal suisse Tages-Anzeiger, ces dépôts s'élèvent à quelque 1,5 milliard de francs suisses (1,4 milliard d'euros), dont une partie ne serait pas déclarée ou serait le fruit de généreuses exonérations fiscales octroyées par la Grèce (par exemple aux armateurs), échappant donc légalement à toute imposition.

hec/smk/bds